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Termes, abréviations et symboles

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9e édition (actuelle)
Dictionnaire de l’Académie française, 9e édition (actuelle)

 : ce mot correspond à plusieurs entrées :

savoir
I. SAVOIR conjugaison verbe transitif (je sais, nous savons ; je savais, nous savions ; je sus ; je saurai ; je saurais ; sache, sachons ; que je sache ; que je susse ; sachant ; su).
ixe siècle. Issu du latin sapere, « avoir du goût, exhaler une odeur » et « avoir du discernement, être sage ».
I.
I. Avoir un fait, une information, etc. présents à l’esprit, en être instruit.
1. Avoir une idée relativement claire ou précise de quelque chose. Suivi d’un nom ou d’un pronom. Je ne sais ni son nom ni son adresse. Il sait les détails de l’affaire. Je ne sais pas l’accueil qu’il nous prépare. « Sont-ils d’accord ? – Je ne le sais pas, je ne le sais ou, elliptiquement, je ne sais ». Nous savons tout cela, tout ce que vous me dites. Je n’en sais rien, je n’en veux rien savoir. Il en sait long sur le sujet. Fam. Il en sait des choses ! Avec un attribut du complément d’objet direct (dans cette construction, s’emploie aussi en parlant d’une personne). C’est une théorie que je sais fausse. Ils l’ont condamné alors qu’ils le savaient innocent. Pron. Il se savait malade.
▪ Suivi d’une subordonnée interrogative indirecte ou d’une complétive. Je ne sais que dire, quoi faire. Savez-vous quelle heure il est ? Je ne sais pas si la route est encore longue, je sais que la route est encore longue. Je sais qu’il est de vos amis.
▪ Loc. et expr. À savoir ou, elliptiquement et fam., savoir, c’est-à-dire (on a aussi écrit Assavoir). Il a reçu une somme importante, à savoir dix mille euros. Sachant que…, compte tenu du fait que… Sachant que la vitesse du véhicule est de tant, calculez… Sachant que rien n’est plus certain que la mort mais que son heure est incertaine, formule initiale de certains testaments au xviie siècle. Je sais ce que je sais, formule dont on use lorsqu’on ne veut pas s’expliquer davantage. Être bien placé pour le savoir, être à même de donner un avis éclairé sur quelque chose. Je suis payé pour le savoir ou j’en sais quelque chose, j’en ai fait l’expérience à mes dépens. Savoir ce que parler veut dire, voir Parler I. Savoir à quoi s’en tenir, avoir son opinion faite. Ne plus savoir où on en est, être désemparé. Ne savoir où se mettre, être empli de confusion. Ne plus savoir où donner de la tête, avoir plus de tâches qu’on n’en peut accomplir. Ne pas savoir de quel côté se tourner ou, fam., à quel saint se vouer, voir Quel. Ne savoir sur quel pied danser, voir Danser. Il sait ce qu’il veut, se dit, souvent par euphémisme, de quelqu’un de très autoritaire. Il ne sait pas ce qu’il veut, se dit d’une personne indécise, inconstante. Vous n’êtes pas sans savoir que…, pour rappeler à un interlocuteur un fait qu’il est censé connaître.
▪ À ne savoir qu’en faire, à ne plus savoir qu’en faire, se dit de ce qui se trouve en trop grande quantité. Qui vous savez, qui tu sais, formule par laquelle on évoque une personne sans la nommer devant quelqu’un qui la connaît bien. Je ne sais, on ne sait, Dieu sait, suivi d’un pronom ou d’un adjectif interrogatif, s’emploie pour évoquer une personne, une chose dont on ne connaît pas l’identité, la nature. Il a dit cela à je ne sais qui, je ne sais à qui. Il se sera aventuré dans je ne sais quel endroit, Dieu sait où. Je ne sais quoi, voir ce mot. Dieu sait s’emploie aussi pour marquer l’ignorance, l’incertitude ou encore pour renforcer une affirmation. Dieu sait ce que l’avenir nous réserve ! Dieu seul le sait ! Dieu sait que j’avais tout vérifié. Que sais-je ? pour indiquer une approximation. Il y avait, que sais-je ? peut-être dix mille personnes. Qui sait ? Sait-on jamais ? On ne sait jamais, se dit à propos d’une chose peu probable, mais dont on refuse d’écarter complètement l’éventualité. Il pourrait devenir un grand champion, qui sait ? Allez savoir, va savoir, pour émettre une supposition. C’est peut-être un traître, allez savoir ! Allez savoir s’il ne nous a pas menti ! Pop. Faudrait savoir ! pour souligner la contradiction entre deux affirmations. Selon les organisateurs, il y avait 50 000 manifestants, et 20 000 selon la police, faudrait savoir !
▪ Expr. proverbiale. On ne sait qui vit ni qui meurt, on ne sait ce que réserve l’avenir.
2. Avoir quelque chose en mémoire et pouvoir le redire, le réciter. Savoir son cours, ses leçons. Il ne sait pas bien son poème. Elle sait mal son rôle, elle sait son rôle sur le bout des doigts. Saches-en le texte pour demain. Sache-le par cœur.
▪ Expr. Savoir quelque chose par cœur, fidèlement et littéralement.
3. Être informé de telle ou telle nouvelle, de tel ou tel évènement. Je le sais par ma voisine, par ouï-dire, de source sûre. Saviez-vous qu’il était là ou, moins souvent, qu’il fût là ? Sachez que jamais il n’acceptera. Il faut savoir, il est bon de savoir que… Reste à savoir si… Peut-on savoir qui vous l’a dit ?
▪ Expr. Faire savoir, transmettre une information. Faites-moi savoir si vous viendrez. Il m’a fait savoir qu’il était arrivé sans encombre. Faites-moi savoir de vos nouvelles (vieilli). Autant que je sache ou pour autant que je sache, en considérant ce dont je suis sûr. Pour autant que je sache, ils sont absents. Que je sache, à la fin d’une phrase de sens négatif, pour émettre une réserve, souvent feinte, quant à une information que l’on avance. Vous n’êtes pas médecin, que je sache ! On disait aussi dans le même sens Je ne sache pas que vous soyez médecin ! Plaider, prêcher le faux pour savoir le vrai, voir Plaider. Il ne veut rien savoir, il refuse d’écouter ce qu’on lui dit. Fam. C’est bon, c’est toujours bon à savoir, se dit d’une chose intéressante que l’on vient d’apprendre. Je le sais de la bouche du cheval, expression, traduite de l’anglais des États-Unis, qui s’emploie pour indiquer qu’on est sûr de ses sources. Pop. Vous savez quoi ? Tu sais quoi ? s’emploie pour annoncer une nouvelle inattendue. Tu sais quoi ? Elles se marient !
▪ Pron. à sens passif. Tout se sait à la longue. Si cela vient à se savoir… Expr. fam. Ça se saurait ! pour mettre en doute une information qu’on juge erronée.
 Titres célèbres : On ne saurait penser à tout, comédie-proverbe d’Alfred de Musset (1851) ; L’Homme qui en savait trop, films d’Alfred Hitchcock (1934 et 1956).
4. Avoir conscience de quelque chose, s’en rendre compte. Je sais les sacrifices qu’ils ont faits pour moi. Il sait pertinemment qu’il a tort. Si vous saviez combien il tient à vous ! Il ne sait pas ce que c’est que de manquer d’argent. Il joue leur jeu sans le savoir. Savez-vous ou, vieilli, savez-vous bien que je suis fort mécontent de vous ? religion chrétienne. « Mon Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font », paroles du Christ en croix appelant la miséricorde divine sur ceux qui l’ont condamné.
▪ Expr. Savoir gré, voir Gré. Faire de la prose sans le savoir, voir Prose. Il ne sait pas ce qu’il fait, ce qu’il dit, il ne mesure pas la portée de ses actes, de ses paroles. Il ne sait plus ce qu’il fait, ce qu’il dit, il déraisonne. Fam. Tu sais, vous savez, pour renforcer un propos. Tu me fatigues, tu sais.
5.  Litt. Être instruit de l’existence de quelqu’un, de quelque chose. Je sais un habile horloger qui demeure près d’ici. Je ne sais rien de si beau que ce paysage. Je ne sais personne ou, vieilli, je ne sache personne qu’on puisse lui comparer.
II.
II. Avoir acquis la maîtrise de quelque chose par l’étude, la pratique, l’usage.
1. Posséder une science, un art, une discipline, etc. Il sait la grammaire et les mathématiques, le grec et le latin. Savoir son métier. Il ne sait ni lire ni écrire. Savoir jouer du violon, savoir nager. Vous verrez ce que je sais faire. « Savez-vous planter les choux ? », refrain d’une comptine. Absolument. Savoir, c’est pouvoir. Loc. et expr. Que sais-je ? devise de Montaigne. Ne pas savoir le premier mot d’une chose, n’en pas savoir le premier mot, ne savoir ni A ni B, ignorer jusqu’aux rudiments d’une science, d’un art, d’une activité quelconque. Vieilli. Savoir le monde, son monde, connaître les usages, la manière de se comporter en société.
▪ Prov. Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait, voir Jeunesse.
▪ Par extension. Suivi d’un infinitif. Être accoutumé, exercé à faire quelque chose, y montrer une certaine habileté. Savoir parler aux foules, savoir persuader. Il sait plaire. Il faut savoir se modérer, se contenter de peu. Il ne sait pas se reposer, se détendre. Voilà quelqu’un qui sait s’amuser. Il a su rester simple malgré sa célébrité. Loc. et expr. Elle sait faire marcher son monde, se faire obéir. Ne savoir rien faire de ses dix doigts, voir Doigt. Il sait y faire (fam.), se dit de quelqu’un qui arrive à ses fins sans difficulté. Savoir prendre quelqu’un, voir Prendre. Savoir vivre, se conduire en société selon les règles de la bienséance ; profiter des plaisirs de la vie. C’est quelqu’un qui sait vivre. En composition. Savoir-vivre, Savoir-faire, voir ces mots.
▪ Prov. Il faut savoir raison garder. Tout vient à point à qui sait attendre, voir Point I.
2. Avoir la capacité, le moyen de faire quelque chose. Je saurai bien le faire obéir. Il n’a pas su en venir à bout. Personne n’a su me dire… Par analogie. Ce remède saura vous guérir.
▪ Spécialement. Au conditionnel, dans des tournures négatives, Savoir s’emploie au sens de Pouvoir à l’indicatif. Je ne saurais m’y résoudre. On ne saurait avoir plus d’esprit. Cela ne saurait tarder. Expr. On ne saurait faire d’une buse un épervier, voir Buse I. Bon sang ne saurait mentir, voir Mentir.
▪ En Belgique et dans le Nord de la France. Il n’a pas su dormir avec ce bruit, il n’a pas pu, n’a pas réussi à dormir.
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