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Termes, abréviations et symboles

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 : ce mot correspond à plusieurs entrées :

parler

I. PARLER

conjugaison verbe intransitif et transitif
xe siècle. Issu du latin chrétien parabolare, de même sens, dérivé de parabola, « parole », lui-même emprunté du grec parabolê, « comparaison, rencontre ; parabole ».
↪ voir aussi : II. Parler (n. m.)
I.
I. Verbe intransitif.
1.  User de la faculté du langage ; proférer, prononcer, articuler des mots. L’homme est la seule créature qui ait véritablement le don de parler. Un enfant qui commence à parler, qui ne sait pas encore parler. Parler bas, parler fort. Parler à l’oreille de quelqu’un.
▪  Loc. Parler du nez, voir Nez. Parler gras, grasseyer. Parler pointu, d’une voix aiguë ou, pour les méridionaux, à la manière des Français du Nord de la France. Parler entre ses dents, en marmonnant. Parler haut, voir Haut. Parler haut et clair, voir Clair.
▪  Expr. On croirait, on dirait qu’il va parler, se dit communément pour souligner la ressemblance, la véracité d’un portrait.
▪  Par extension. Se dit de certains oiseaux qui imitent le langage de l’homme. Apprendre à parler à un perroquet, à un mainate.
2.  Exprimer sa pensée en usant du langage articulé, en proférant, en prononçant une suite de mots. Parler correctement, nettement, en termes choisis. Parler simplement, pompeusement. Parler avec élan, fougue, passion. Il a besoin de parler, il aime à parler. Parler inconsidérément, en étourdi. Parler contre sa pensée, contre sa conscience. C’est une manière, une façon de parler, de s’exprimer.
▪  Entre dans de nombreuses locutions et expressions, dont certaines sont figurées. Parler juste, raisonner et s’exprimer avec justesse. Parler d’or, parler à la satisfaction de l’auditoire, de la manière la plus appropriée à la circonstance. Parler comme un livre, avec facilité et en termes recherchés (s’emploie souvent avec une nuance d’ironie). Savoir ce que parler veut dire, saisir l’allusion, comprendre à demi-mot.
▪  Parler d’abondance, improviser avec aisance. Parler à bâtons rompus, de tous les sujets qui se présentent dans la conversation, en passant librement de l’un à l’autre.
▪  Parler net, parler franc, ouvertement, résolument. Parler à cœur ouvert, avec une entière franchise. Parler dans le désert, parler inutilement à des gens qui ne veulent pas se laisser convaincre, parler en vain.
▪  Parler pour parler, parler pour ne rien dire, tenir des propos sans intérêt. Parler comme un perroquet, sans savoir ce qu’on dit ou en répétant ce qu’on entend dire à autrui. Parler à tort et à travers, sans discernement, de n’importe quoi. Parler légèrement, à la légère, au hasard, sans réflexion ou sans être informé. Parler en l’air, sans fondement ou sans attacher d’importance à ce qu’on dit.
▪  Trop parler, s’exprimer sans réserve ou imprudemment. Je vous apprendrai à parler, s’emploie, par menace, pour contraindre quelqu’un à s’exprimer avec plus de respect. Il faut laisser parler le monde, les gens ou, simplement, il faut laisser parler, il ne faut pas se mettre en peine des commérages, des commentaires indiscrets ou malveillants. On dit, dans le même sens, Quoi que vous fassiez, les gens parleront.
▪  Expr. proverbiales. Il y a un temps pour parler, il faut s’exprimer à propos. Trop parler nuit, trop gratter cuit, si l’on dépasse la mesure, il en résulte un mal au lieu d’un bien.
▪  Accompagnés d’un adverbe, le participe parlant ou l’infinitif précédé de la préposition à forment des locutions. Généralement parlant, à prendre la chose en général. Strictement parlant. À parler franchement. À proprement parler, pour employer les termes exacts.
3.  Parler à, avec, adresser la parole à ; avoir un entretien, converser avec. C’est à vous que je parle. J’ai à vous parler. Cet écolier parle sans cesse à son voisin, avec son voisin. Ils ne se parlent plus, ils sont brouillés. Je n’ai pu trouver à qui parler dans cette foule. Moi qui vous parle, formule par laquelle on insiste sur l’authenticité de son propos, de son récit. Moi qui vous parle, j’ai participé à ce débat. À qui croyez-vous parler ? se dit pour rappeler à quelqu’un la qualité, la dignité de son interlocuteur.
▪  Par extension. Parler au cœur, à l’imagination, aux passions, s’exprimer de manière à toucher le cœur, à plaire à l’imagination, à flatter les passions.
▪  Expr. fig. Trouver à qui parler, rencontrer de l’opposition, de la résistance, trouver des gens qui vous tiennent tête. Parler à un sourd ou Parler à un mur, à quelqu’un qui est résolu à ne rien entendre. Parler à son bonnet (vieilli), s’adresser à soi-même.
4.  Parler de, s’entretenir de. De quoi parlez-vous tous les deux ? Nous parlons de nos affaires. Nous en avons parlé ensemble. Je n’en ai jamais entendu parler. Tout le monde, toute la ville en parle. On en parle, on ne parle que de cela, c’est le sujet de toutes les conversations. On en entendra parler, se dit d’une personne qui devrait acquérir une certaine renommée ou d’un évènement qui donnera lieu à beaucoup de commentaires. Cela ne vaut pas la peine d’en parler, c’est une chose sans importance.
▪  Parler de peut signifier simplement Faire allusion à, évoquer. On parle de lui pour ce poste. Il parle de démission, de démissionner, il en manifeste plus ou moins nettement l’intention.
▪  Loc. Bien parler, mal parler de quelqu’un, en dire du bien, du mal. Parlons-en ! Parlez-moi de cela ! ou, au contraire, Ne m’en parlez pas ! exclamation par laquelle on manifeste, selon les circonstances, son approbation ou sa désapprobation. (On dit aussi, elliptiquement et familièrement, Tu parles ! souvent par ironie, en signe d’incrédulité.)
▪  Expr. En parler à son aise, voir Aise. Parler de la pluie et du beau temps, s’entretenir de choses indifférentes. Faire parler de soi, acquérir une réputation, soit en bien, soit en mal. En parlant d’une femme, s’entendait surtout, autrefois, en un sens défavorable. C’est une femme dont on a parlé, dont la réputation n’est pas intacte. Cette femme n’a jamais fait parler d’elle, elle a toujours eu une conduite sage et régulière, n’a jamais donné prise à la médisance.
▪  Loc. prép. Sans parler de, indépendamment de. Il est l’objet de bien des attaques, sans parler, sans même parler des calomnies.
▪  Prov. Quand on parle du loup, on en voit la queue, se dit lorsque quelqu’un survient au moment où l’on s’entretenait de lui. Il ne faut pas parler de corde dans la maison d’un pendu, voir Corde.
5.  Parler pour quelqu’un, intervenir en sa faveur, intercéder pour lui. On dit, dans le sens contraire, Parler contre quelqu’un. Fig. Ses mérites parlent pour lui. Tout parle contre lui.
6.  Dans des emplois absolus. Révéler, dévoiler quelque secret ; passer aux aveux. Le suspect a parlé. Je saurai bien le faire parler. Il a parlé sous la torture. Ne me forcez pas à parler, craignez que je ne révèle des choses qui ne seraient pas à votre avantage.
▪  Dans une acception plus étendue. Faire connaître sa volonté, ses intentions, ses sentiments, sa pensée. Dieu parle par la voix des prophètes. Vous n’avez qu’à parler, vous serez obéi. Parler au nom de quelqu’un. Parler de son plein chef. Chacun parla à son tour. Il donne toujours raison au dernier qui parle. Par extension. La vérité, la raison, l’équité parle par sa bouche.
▪  Spécialement. Au jeu, notamment aux jeux de cartes, annoncer son jeu, sa mise, etc. C’est à vous de parler. Son partenaire n’a pas encore parlé.
▪  Loc. Parler en maître, comme un homme dont le sentiment fait autorité ou, simplement, en adoptant un ton autoritaire et sans réplique. Faire parler quelqu’un, lui prêter un discours qu’il n’a pas tenu. Faire parler les morts, voir Mort II. Fam. Voilà ce qui s’appelle parler ! Voilà qui est parler ! ou encore C’est parler, cela ! se dit pour approuver ce qui vient d’être dit, marquer son admiration, sa satisfaction.
▪  Parler signifie aussi Prendre la parole en public, prononcer un discours. L’art de parler en public est l’objet de la rhétorique et de l’éloquence. S’écouter parler, se complaire à son propre discours.
7.  Manifester ses sentiments, ses pensées par d’autres moyens que la parole. Les muets parlent par signes. Ils se parlaient des yeux et du geste.
▪  Spécialement. Expliquer sa pensée par écrit. Aristote a très bien parlé de cette matière. Il ne me parle pas de cela dans sa lettre. Par métonymie. Le contrat ne parle point de cette clause. La loi est formelle là-dessus et parle très clairement.
▪  Par analogie. La musique, la peinture parlent à nos sens, à nos émotions. En votre absence, tout ici nous parlait de vous. Les cieux et toute la nature parlent de la puissance du Créateur.
▪  Loc. et expr. Faire parler les cartes, faire parler les tables, pratiquer la cartomancie, le spiritisme. Faire parler les armes, la poudre, s’en remettre au sort des armes, des combats. Cela parle tout seul, parle de soi, cela se comprend sans qu’il soit besoin d’explication. Les faits parlent d’eux-mêmes.
II.
II. Verbe transitif.
1.  S’exprimer dans une langue déterminée. Parler sa langue maternelle. Parler la langue française, parler le français. L’article est couramment omis. Parler français, italien. Entre eux, ils parlent le patois, l’argot ou ils parlent patois, argot. On disait aussi Parler gascon, normand pour Parler avec l’accent gascon, normand.
▪  Parler plusieurs langues, savoir les manier. Parler un bon français, un mauvais espagnol, s’exprimer bien, mal dans cette langue. Cette langue est parlée ou, pron. à sens passif, se parle partout dans le monde.
▪  Fig. Parler français ou, vieilli, parler chrétien, s’exprimer clairement, intelligiblement ; signifier nettement et honnêtement son intention, sa volonté. Fam. Parler hébreu, chinois, s’exprimer sur des sujets ou en des termes inconnus de l’interlocuteur.
2.  S’entretenir de ; prendre pour sujet de conversation, de discours (est alors suivi directement du complément, sans l’article). Parler musique, peinture. Parler politique, affaires. Parler chicane, parler de procès, de procédure. Fam. et péj. Parler boutique, se dit de plusieurs personnes qui s’entretiennent du métier qu’elles ont en commun. Parler chiffons, de vêtements et, fig., de choses futiles.
▪  Loc. Parler raison, chercher à raisonner quelqu’un, ou revenir soi-même à la raison. Parler raison à un enfant. Voilà enfin parler raison.
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