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peine

PEINE

nom féminin
xe siècle, au pluriel, poenas, penas, « souffrances » ; xie siècle, peine, « mal que l’on se donne pour un idéal » ; xiie siècle, au sens de « punition, châtiment ». Issu, par l’intermédiaire du latin poena, du grec poinê, « réparation, expiation, châtiment », puis « souffrance ».
I.
I. Châtiment infligé pour un acte contrevenant aux prescriptions, aux règles, aux lois.
1.  droit. Sanction encourue pour une infraction, déterminée par la loi, et dont l’application est l’objet d’une décision de justice. Le droit français punit de peines de police les contraventions, de peines correctionnelles les délits et de peines criminelles les crimes. Peines de droit commun. Peines politiques. Proportionner les peines aux délits. Requérir une peine contre quelqu’un. Les juges ont prononcé la peine. Accomplir, purger sa peine. Atténuation, dispense, remise de peine. Juge d’application des peines, voir Application.
▪  Peine corporelle, pécuniaire. Peine privative, peine restrictive de liberté. Peine afflictive, infamante, voir Afflictif, Infamant. Peine de confiscation, d’amende. Peine de prison ou d’emprisonnement. Être condamné à une peine de longue durée. Peine de mort ou peine capitale.
▪  Peine principale, encourue pour l’infraction dont la personne poursuivie est reconnue coupable. Peine complémentaire, qui est prévue par la loi et peut s’ajouter à la peine principale lorsque le juge la prononce. L’interdiction de séjour, le retrait du permis de conduire sont des peines complémentaires. Peine accessoire, incapacité liée de manière nécessaire à la condamnation d’une infraction déterminée. Cumul, confusion, mitigation des peines, voir ces mots. Commutation de peine, voir Commutation. Individualisation de la peine, voir Individualisation.
▪  Anciennement. Peine de la marque, des galères, du carcan, voir ces mots. Peine des baguettes, voir Baguette. Peine du talion, punition de mêmes importance et gravité que la faute.
▪  Loc. Sous les peines de droit, au risque de s’exposer à une condamnation. La réimpression de ce livre avait été défendue sous les peines de droit. Loc. prép. À peine de, sous peine de, pour indiquer ce à quoi l’on s’expose si l’on contrevient à la loi. Sous peine de poursuites. À peine de nullité. Sous peine de la vie, s’est dit pour Sous peine de mort. Par affaiblissement. Hâtons-nous, sous peine de ne pouvoir entrer.
2.  droit canon. Sanction prononcée par l’autorité ecclésiastique, consistant en la privation d’un bien spirituel et punissant un grave manquement. Peine expiatoire, qui doit réparer le tort causé, par opposition à Peine médicinale, qui vise l’amendement du coupable. Le renvoi de l’état clérical est une peine expiatoire, l’excommunication est une peine médicinale. Peine temporelle, spirituelle. Imposer des pénitences pour la rémission de la peine. La levée d’une peine par le confesseur, par l’évêque.
3.  théologie catholique. Châtiment encouru après la mort, en punition des fautes de la vie passée. Les peines de l’enfer, les peines éternelles, que souffrent les damnés. La peine du dam, privation éternelle de la vision de Dieu. La peine du sens ou des sens, les souffrances sensibles. Les peines du purgatoire. Âme en peine, voir Âme.
II.
II. Souffrance du corps ou de l’esprit.
1.  Effort qui coûte ; travail, fatigue que l’on s’impose pour accomplir quelque action en dépit de difficultés, d’obstacles. Il n’a accompli cette tâche qu’avec peine. Je voudrais lui épargner cette peine. J’en suis venu à bout, mais non sans peine, au prix de grandes peines, de mille peines. Se donner de la peine. Travaillez, prenez de la peine, se dit par allusion à la fable de La Fontaine « Le Laboureur et ses enfants ». Être récompensé de sa peine, de ses peines.
▪  Par affaiblissement. Dans des formules de courtoisie. Prenez la peine, donnez-vous la peine d’entrer. Ne prenez pas cette peine, ne vous mettez pas en peine, je m’en charge, ce n’est pas nécessaire.
▪  Loc. Homme de peine, femme de peine, qui gagnent leur vie en accomplissant de gros ouvrages. Être dur à la peine, résistant à la fatigue, capable de travailler beaucoup et longtemps. Mourir à la peine, mourir d’épuisement à force de travail.
▪  Plaindre sa peine, ne se donner à sa tâche qu’à regret. Il n’a pas ménagé, n’a pas épargné sa peine, il s’est dépensé sans compter. Perdre sa peine, ses peines, se donner du mal inutilement. N’insistez pas, vous perdez votre peine. C’est peine perdue, cela ne servira à rien.
▪  En être pour sa peine, échouer malgré ses efforts. Il a mal mesuré les risques, il en sera pour sa peine. Pour la peine, en récompense ou en dédommagement. Je lui offrirai des fleurs pour la peine. Voilà pour votre peine, se dit à une personne à qui on donne un pourboire, une gratification. Par antiphrase. Pour la peine, tu n’auras rien du tout !
▪  Valoir la peine (suivi d’un complément), mériter que l’on se donne du mal pour. Cela vaut la peine d’y songer, qu’on y réfléchisse. Un livre qui vaut la peine d’être lu. Cela ne vaut pas la peine d’en parler, est sans importance. On dit aussi, dans le même sens, à la forme négative, Ce n’est pas la peine. Ce n’est pas la peine d’y aller, que vous y alliez. S’emploie souvent avec le pronom adverbial En. La chose en vaut la peine. Je n’attendrai pas, cela n’en vaut pas la peine. Fam. À propos de personnes. Vous avez tort de vous occuper de lui, il n’en vaut pas la peine.
▪  Expr. Il n’a eu qu’à se donner la peine de naître, il profite des privilèges de la naissance, de la fortune. Avoir toutes les peines du monde à faire quelque chose, se heurter à de nombreuses difficultés. N’être pas au bout de ses peines, avoir encore beaucoup d’efforts à faire, être loin d’avoir achevé sa tâche.
▪  Expr. proverbiale. Toute peine mérite salaire.
▪  Par extension. Difficulté que l’on rencontre dans l’accomplissement de quelque chose. Surtout dans des locutions. Avoir de la peine à, parvenir difficilement à. Ce malade a de la peine à marcher. J’ai peine à comprendre cette affaire. Je n’ai pas de peine à vous croire. Vous aurez de la peine à me convaincre. J’ai peine à lui annoncer cet échec, j’y répugne. On dit, dans le même sens, Être en peine de, pour. Je suis bien en peine de vous renseigner, je n’en suis pas capable. Il n’est pas en peine pour trouver les fonds nécessaires. Tirer quelqu’un de peine, l’aider à se sortir d’une difficulté. Être hors de peine. Expr. fam. Être en peine de sa personne, ne savoir que faire, que dire, comment se conduire.
2.  Souffrance du cœur, de l’esprit ; chagrin, déplaisir. Les joies et les peines de la vie. Des peines de cœur, d’amour. Éprouver une cruelle peine. Il a causé de grandes peines aux siens. Adoucir, partager la peine de quelqu’un.
▪  Loc. Faire de la peine, infliger une douleur morale, rendre malheureux. Cette nouvelle nous a fait de la peine. Être à la peine, subir une épreuve. Faire peine, susciter la compassion. Il fait peine à voir. Être dans la peine, dans l’affliction, l’embarras ou, par euphémisme, dans le besoin, la misère. Par affaiblissement. Être en peine de, inquiet, soucieux à propos de. On est en peine de lui, inquiet à son sujet, sur son sort. Se mettre en peine de, s’occuper de, se soucier de.
III.
III. Loc. adv.
À peine. Employée avec une valeur temporelle. À l’instant. Nous commençons à peine à travailler. Dix heures sonnaient à peine. Nous venions à peine de rentrer ou à peine venions-nous de rentrer. S’utilise dans une proposition ou un complément mis en relation avec une autre proposition pour marquer le peu de temps qui sépare deux actions, deux faits (employée avec que, forme une locution conjonctive). À peine le soleil était-il levé ou le soleil était à peine levé, on se remit en marche ou qu’on se remit en marche. À peine arrivé, il songe à repartir.
▪  Employée dans une phrase affirmative avec une valeur quantitative. Tout juste, tout au plus ; pas tout à fait (dans le même sens que Presque pas dans une phrase négative). Il sait à peine lire. Il nous a à peine regardés. Il est à peine six heures. Nous étions à peine cent. Avoir à peine de quoi payer. Sur un ton à peine poli.
▪  Par extension. Pour marquer qu’une chose ne se fait que très difficilement, est presque impossible. On peut à peine passer dans cet étroit couloir. C’est à peine si on le comprend. À grand-peine, voir Grand-peine.
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