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Termes, abréviations et symboles

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jeu

JEU

nom masculin
xie siècle, giu. Issu du latin jocus, « plaisanterie », puis « jeu ».
I.
I. Action de jouer ; ce qui se fait par esprit de gaieté et par amusement.
1. Activité à laquelle on se livre pour s’amuser, se divertir, sans qu’il y ait aucun enjeu. Les jeux de l’enfance. Des compagnons de jeux. Un jeu bruyant, dangereux. Jouer à de petits jeux, à des jeux innocents. Ce n’est qu’un jeu. Il y a une part de jeu dans tout ce qu’il fait.
▪ Loc. Jeux d’esprit, qui font appel à l’agilité mentale, tels que les anagrammes, les énigmes, les charades, les devinettes, les bouts-rimés, les mots croisés, etc. ; se dit aussi figurément d’une suite d’idées hasardées, ou de raisonnements qui ne sont fondés sur rien de sérieux. Cette discussion n’est qu’un jeu d’esprit. Jeux de mots, allusions qui sont fondées sur la ressemblance des mots, comme les calembours, les à-peu-près. Jeux de main, où l’on se donne de légères tapes, comme la main chaude ; par extension, coups que l’on échange par plaisanterie. Prov. Jeux de main, jeux de vilain, les jeux où l’on échange des coups sont le fait de gens grossiers et finissent souvent mal. Ce sont jeux de prince qui ne plaisent qu’à ceux qui les font (par référence à la fable de La Fontaine « Le Jardinier et son Seigneur »), les fantaisies des puissants n’amusent qu’eux-mêmes.
▪ Expr. Faire quelque chose par jeu, pour s’amuser, en manière de récréation ou de plaisanterie. Cela passe le jeu, cela dépasse la simple raillerie. Se faire un jeu de quelque chose, y prendre plaisir, ou l’accomplir avec la plus grande facilité. Elle se fait un jeu de le tourmenter. Il va se faire un jeu de débloquer cette serrure. Fig. Le jeu lui plaît, il est prêt à recommencer. Ce n’est qu’un jeu, c’est un jeu d’enfant, cela n’offre aucune difficulté. Ce n’est pas un jeu d’enfant, se dit d’une affaire grave et sérieuse, ou d’un engagement dont on ne peut se dédire. C’est un jeu du hasard, un effet fortuit. Le jeu, les jeux de la fortune, les caprices, les vicissitudes du sort.
▪ Par analogie. Jeu de la nature, se dit de l’action des éléments produisant des formes et des dessins bizarres, extraordinaires, et, par métonymie, du résultat de cette action. La nature, dans ses jeux, a autant de fantaisie que l’art. Ce coquillage, cette agate est un jeu de la nature.
▪ Poét. Les Jeux, divinités allégoriques qui sont censées présider à la gaieté, à la joie. Les Jeux, les Ris et les Grâces. Les Jeux et les Plaisirs. Les Jeux et les Amours.
 Titre célèbre : Le Jeu de l’amour et du hasard, de Marivaux (1730).
2. Divertissement soumis à certaines règles et permettant, lorsqu’il est partagé par plusieurs joueurs, de déterminer des gagnants et des perdants. Jeu d’adresse. Jeu de patience, de construction. Jeu éducatif. Jeu électronique. Jeux de société, dominos, jeu de l’oie, etc. Le jeu de billard, de boules. Les jeux de ballon. Jeu de massacre, voir Massacre. Jeux télévisés, jeux radiophoniques. Jeu de rôle, jeu collectif fondé sur la simulation, où chaque participant joue un rôle sous la direction d’un maître de jeu.
▪ Spécialement. Jeu de hasard, jeu d’argent. Jeux de cartes. maths. Théorie des jeux, théorie visant à déterminer la conduite la plus favorable à tenir dans une situation incertaine, en imaginant, sur le modèle d’un jeu, divers déroulements possibles selon les réactions des différents partenaires. Pascal fut un précurseur de la théorie des jeux. Les applications de la théorie des jeux en économie.
▪ Par métonymie. Ensemble de règles définissant la manière dont il convient de jouer. Respecter le jeu. Modifier le jeu. Tricher au jeu. Expr. Jouer le jeu, en respecter les règles et, fig., se conformer aux usages, aux règlements, respecter ses engagements. Ce n’est pas de jeu, cela n’est pas conforme aux règles et, fig., cela est contraire à nos conventions, manque de loyauté.
 Titre célèbre : La Règle du jeu, film de Jean Renoir (1939).
3.  Absolument et au singulier. Le jeu, se dit des divertissements où l’on hasarde de l’argent dans l’espoir de gagner la partie. Se mettre, s’adonner au jeu. Avoir la passion du jeu, être saisi par la fièvre du jeu. Salle, maison de jeu, établissement public où l’on donne à jouer à toutes sortes de jeux d’argent. Se ruiner au jeu. Avoir des dettes de jeu. Être heureux, malheureux au jeu. Prov. Malheureux au jeu, heureux en amour.
▪ Expr. Mettre au jeu, donner, déposer son enjeu. Tout le monde a mis au jeu. L’argent qui est mis sur le jeu, sur jeu, la somme des enjeux. Jouer gros jeu, jouer un jeu d’enfer, hasarder de fortes sommes, de très fortes sommes.
▪ Par métonymie. Au pluriel. En parlant des mises, des enjeux. Faites vos jeux, invitation à mettre l’enjeu sur le tapis. Les jeux sont faits, à la roulette, à la boule, etc., annonce qui marque l’arrêt des mises ; fig. et fam., se dit pour signifier qu’il est trop tard pour agir ou pour revenir sur une décision.
▪ Loc. fig. Être en jeu, faire l’objet d’une compétition, d’un pari et, par extension, être en cause, en question. Votre avenir est ici en jeu.
4.  Sports. Jeu à XIII, sport issu du rugby, où les équipes sont composées de treize joueurs. Arrêts de jeu, dans les sports d’équipe comme le rugby ou le football, interruptions dues notamment à la blessure ou au changement d’un des joueurs, et dont la durée totale doit être ajoutée au temps règlementaire de la partie. Hors-jeu, voir ce mot.
▪ Par métonymie. Lieu où se pratiquent certaines activités sportives ; terrain aménagé et délimité pour une partie, une rencontre sportive. Installer un jeu de croquet. La balle est sortie du jeu. Un jeu de paume, où l’on jouait à la longue, à la courte paume (voir ce mot). histoire. Le serment du Jeu de paume, le serment solennel que prêtèrent, à Versailles, les députés du tiers état, le 20 juin 1789, dans la salle du Jeu de paume où se tenaient leurs réunions, et par lequel ils refusèrent de se séparer avant que la Constitution fût établie.
▪ Désigne aussi dans certains jeux de balle, notamment au tennis, chacune des divisions d’une manche ou d’une partie. Gagner le premier jeu. Être à trois jeux partout. Avoir cinq jeux à quatre. Une partie de pelote basque se joue en douze jeux. Jeu blanc, au tennis, jeu où l’adversaire n’a marqué aucun point. Jeu décisif, échange abrégé servant à départager les joueurs qui sont à six jeux partout. Expr. Être à deux de jeu, voir Deux.
▪ Au pluriel. Antiquité. En Grèce, concours publics parfois organisés pour célébrer un évènement, parfois aussi réguliers et solennels, qui comprenaient des épreuves de course, de lutte, de lancer, des combats, etc. Les Jeux olympiques, grandes compétitions sportives qui se tenaient à Olympie, dans le Péloponnèse, tous les quatre ans, et auxquelles les cités grecques envoyaient leurs meilleurs athlètes. Jeux pythiques, isthmiques, lacédémoniens, réunions de même espèce qui étaient organisées dans diverses villes de Grèce. Pendant les Jeux olympiques, il était décrété une trêve entre les cités en conflit armé. À Rome, les Jeux du cirque, les Jeux capitolins, spectacles qui comportaient, outre les concours sportifs, des courses de chars, des combats de gladiateurs ou d’animaux, etc. Les Jeux olympiques modernes, compétition sportive internationale instaurée à partir de 1896 par le Français Pierre de Coubertin en s’inspirant de l’esprit des jeux antiques. Jeux olympiques d’été, d’hiver.
▪ Par analogie. Jeux floraux, voir Floral.
5.  Littérature. Nom donné à diverses formes dramatiques du Moyen Âge, d’inspiration sacrée ou profane. Jeu parti, composition lyrique qui consistait en un débat entre deux trouvères.
 Titres célèbres : Le Jeu d’Adam, premier drame en français (xiie siècle) ; Le Jeu de Robin et Marion, Le Jeu de la feuillée, œuvres dramatiques d’Adam de la Halle (xiiie siècle).
II.
II. Ce qui permet de jouer ; ce avec quoi on joue.
1. Ensemble d’objets, d’éléments employés pour des divertissements ou certains exercices de récréation réclamant sagacité, adresse ou chance. Un jeu de dames, d’échecs. Un jeu de quilles. Un jeu de jonchets. Acheter un jeu de cartes. Un jeu entier, qui contient cinquante-deux cartes. Un jeu de piquet, qui ne comporte que trente-deux cartes, depuis l’as jusqu’au sept. Il manque une carte à ce jeu. Spécialement. Le grand jeu, le jeu complet de tarot utilisé en cartomancie. Faire, jouer le grand jeu, prédire l’avenir par les cartes et, fig. et fam., mettre en œuvre tous les moyens dont on dispose. « Le Grand Jeu » fut pris pour titre d’une revue fondée en 1928 par des auteurs proches du mouvement surréaliste.
▪ Par extension. Assortiment complet de certaines choses destinées à un même usage. Un jeu de clés. Un jeu d’aiguilles à tricoter. Marine. Un jeu de voiles. Un jeu d’avirons. – typographie. Un jeu d’épreuves, une série d’épreuves du même ouvrage. – musique. Jeu d’orgue, suite ou série de tuyaux correspondant à un registre. Jeu de flûtes, de trompettes. Pleins jeux, jeux à plusieurs tuyaux par note, destinés à renforcer le son du plus grave.
2. Ensemble des cartes, jetons, pions, dont dispose chaque joueur, et qui détermine sa position par rapport aux autres. Avoir deux as dans son jeu. Étaler son jeu.
▪ Expr. Avoir du jeu, un beau jeu, un bon jeu, avoir beaucoup de bonnes cartes. Ne pas avoir de jeu, n’avoir que des cartes faibles. Abattre son jeu, exposer ses cartes sur la table et, fig., dévoiler brusquement ses projets, ses intentions. Donner beau jeu, donner des cartes favorables et, fig. et fam., donner beau jeu, faire beau jeu à quelqu’un, lui présenter une occasion favorable de faire ce qu’il souhaite. Fig. Avoir beau jeu de, mettre à profit des circonstances favorables, avoir toutes facilités pour faire quelque chose. Faire bonne mine à mauvais jeu, ne pas laisser paraître ou dissimuler adroitement le mécontentement qu’on éprouve, le fâcheux état où l’on est. Bonne mine et mauvais jeu, se dit d’une personne qui, sous une apparence de joie, cache du chagrin et de l’inquiétude.
III.
III. Manière, façon de jouer, d’agir.
1. Façon dont se succèdent les différentes phases, les diverses combinaisons d’un amusement, d’un divertissement soumis à certaines règles. Suivre, interrompre le jeu, le cours du jeu. Ouvrir, fermer le jeu. Calmer le jeu. Mener le jeu, meneur de jeu, voir Mener, Meneur.
▪ Expr. Se piquer au jeu, s’obstiner à jouer, malgré la perte et, fig. et fam., s’obstiner à venir à bout de quelque entreprise, malgré les obstacles qu’on y rencontre. Se prendre au jeu, se laisser prendre au jeu, se laisser entraîner par le plaisir du jeu et, fig., prendre au sérieux une action quelconque commencée de façon légère. Tirer son épingle du jeu (fig.), voir Épingle.
▪ Loc. adv. D’entrée de jeu, voir Entrée.
2. Manière dont une personne conduit la partie pour tenter de l’emporter sur les autres. Ce joueur a un jeu habile, un jeu d’attaque, de défense. Faire jeu égal avec son partenaire, voir Égal.
▪ Expr. Tenir le jeu de quelqu’un, jouer à sa place. Avoir le jeu serré, aux échecs, ne pas déployer assez ses pièces ; aux jeux de cartes, ne pas se hasarder et, fig., agir avec beaucoup de prudence, de réserve, de manière à ne pas donner prise sur soi. C’est son jeu, c’est la manière dont il doit jouer pour gagner ; se dit figurément d’une personne qui fait précisément ce qui convient le plus à ses intérêts, ce qu’elle doit faire pour réussir. C’est son jeu de laisser traîner l’affaire. Jouer bien son jeu, avec habileté et, fig., se comporter adroitement en quelque affaire, savoir bien dissimuler pour arriver à ses fins. Fig. Jouer double jeu, jouer franc jeu, voir Double, Franc II. Jouer un jeu dangereux, risquer beaucoup en voulant se montrer habile. Cacher son jeu, dissimuler son habileté en feignant la maladresse ; cacher ses desseins, ses vues, ou les moyens qu’on met en œuvre pour réussir. Il cache bien son jeu. Deviner le jeu de quelqu’un, lire dans le jeu de quelqu’un, comprendre sa manière d’agir, percer ses intentions. J’ai vu clair dans son jeu. Être pris à son propre jeu, être la victime de ses propres intrigues, ou d’intrigues identiques à celles qu’on a menées. Entrer dans le jeu de quelqu’un, jouer ou faire le jeu de quelqu’un, entrer dans ses vues, favoriser ses intérêts, ses entreprises. Il joue leur jeu sans le savoir. Fam. Le jeu n’en vaut pas la chandelle, voir Chandelle.
3.  Par extension. Façon de faire, d’agir, en différents domaines. escrime. Façon de faire des armes. Il a un jeu serré, un jeu brillant. Étudier, comprendre le jeu de l’adversaire.
▪ musique. Façon dont un musicien joue d’un instrument. Le jeu de ce pianiste est pur, délicat.
▪ Théâtre. Manière dont un comédien remplit ou interprète ses rôles. Un jeu touchant, pathétique. Son jeu est tout en finesse, en nuances. Jeux de scène, gestes, attitudes des acteurs ; mouvements réglés d’avance par la mise en scène. Jeu de physionomie, effet produit par le mouvement des traits du visage et, par extension, mimique expressive.
▪ Loc. fig. et fam. Vieux jeu, se dit de manières anciennes, démodées. C’est le vieux jeu. En apposition. Il est un peu vieux jeu, il a des idées vieux jeu.
IV.
IV. Mouvement, action d’un objet.
1. Action d’une pièce mécanique ; action régulière et combinée des diverses parties d’une machine, d’un ensemble. Le jeu d’un piston, d’une pompe. Le jeu de la clé dans la serrure. Le jeu des organes d’un métier à tisser. Par analogie. Étudier le jeu des muscles. Jeu de jambes, voir Jambe.
▪ Fig. Le jeu des institutions. Le jeu de l’offre et de la demande.
▪ Loc. Entrer en jeu, entrer en action ; avoir un rôle, intervenir dans une affaire. De nombreux facteurs entrent en jeu dans cette affaire. Mettre une chose en jeu, la faire agir, l’employer. Il mit en jeu toutes les ressources de son imagination. Mettre quelqu’un en jeu, le mêler, l’impliquer dans une affaire.
2.  Par métonymie. Aisance, facilité du mouvement que doivent avoir certains mécanismes, certains ouvrages. Le balancier de cette horloge n’a pas assez de jeu. Il faut laisser du jeu à ce ressort. Donner du jeu à des pièces, laisser un certain intervalle entre elles pour leur permettre de se mouvoir aisément.
▪ Se dit aussi d’un défaut d’ajustage, de serrage. Cet axe a du jeu. Cette porte a pris trop de jeu.
▪ Fig. Ce délai, cette décision nous laisse encore du jeu, une certaine liberté d’action.
3.  Spécialement. Se dit des mouvements divers et combinés de certaines choses. Des jeux de lumière, d’ombre et de lumière. Jeu d’eau, combinaison des formes que l’on fait prendre aux jets d’eau en variant ou en modifiant les ajutages.
4.  Par analogie. comptabilité. Jeu d’écritures, opération permettant de virer des sommes d’un compte à un autre et de leur donner une affectation nouvelle, sans mouvement de fonds réel.
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