en

7e édition

[II.] EN.

↪ voir aussi : [I.] En (prép.)
■  Pronom relatif, ou particule relative, qui tient lieu de la préposition De et d’un mot déjà exprimé, ou d’une phrase, d’une proposition déjà énoncée, qu’on ne veut pas répéter. Vient-il de la ville ? Oui, il en vient, Oui, il vient de la ville. On ne doit jamais se repentir d’avoir bien fait, aussi ne s’en repent-il pas, Aussi ne se repent-il pas d’avoir bien fait. Cette affaire est délicate, le succès en est douteux, Le succès de cette affaire est douteux. Cette maladie est dangereuse, il pourrait en mourir. C’est un événement bien triste, j’en suis très affligé. On voulait lui donner une commission difficile, il s’en est dispensé. Donnez-moi cela, j’en ai besoin. C’est un véritable ami, je n’oublierai jamais les services que j’en ai reçus. J’aurai moins de complaisance qu’ils n’en ont eu. Il a élevé plus de monuments que d’autres n’en ont détruit.
Quelquefois on applique ce pronom à une phrase qui va suivre ou qui n’a pas encore été complètement exprimée. Ainsi on dit : N’en doutez pas, ils céderont si vous montrez de la fermeté, c’est-à-dire, Ne doutez pas de cela, de ce que je vais dire, etc. C’est là, soyez-en certain, la cause de son refus, c’est-à-dire, C’est là (soyez certain de ce que je dis) la cause, etc.
Lorsque En est suivi d’un adjectif se rapportant au mot que ce pronom rappelle, on peut ordinairement le résoudre par ce mot seul, sans la préposition de. A-t-il des protecteurs ? Il en a de très-puissants, Il a des protecteurs très puissants. A-t-il des amis ? Il n’en a qu’un seul, Il n’a qu’un seul ami. C’est la seule récompense qu’il ambitionne, il n’en veut point d’autre, Il ne veut point d’autre récompense.
En, s’emploie souvent sans aucune relation avec ce qui précède ; mais il ne laisse pas de marquer quelque chose de sous-entendu. Par exemple : En est-il un seul parmi vous qui consentît… En est-il parmi vous qui consentissent… signifient, Est-il parmi vous un seul homme qui consentît… des hommes, des gens qui consentissent… Il en veut depuis longtemps à un tel, Il veut du mal à un tel depuis longtemps. À qui en voulez-vous ? signifie, dans une autre acception, À qui voulez-vous parler ? qui demandez-vous ? À qui en avez-vous ? Contre qui avez-vous de la colère ?
–  On peut expliquer d’une manière analogue toutes ces autres façons de parler : Comment vous en va ? Il s’en faut beaucoup. Il s’en est peu fallu. Il ne sait où il en est. Cela n’en est pas. Il m’en a donné à garder. Je t’en souhaite. S’en tenir à une chose. Il en tient. Il en a dans l’aile. Je n’en reviens pas. Il en est venu à ce point, que… Il en est logé là. C’en est trop. C’en est fait. Je n’en pouvais croire mes yeux. S’en prendre à quelqu’un. Quoi qu’il en soit. N’en pouvoir mais. N’en pas devoir, n’en rien devoir à un autre. Etc.
En être à, N’être pas plus avancé que… Les antiquaires en sont encore à chercher l’emplacement de cette ville.
En termes de Pratique, Les parties en viendront au premier jour, Les parties viendront plaider au premier jour sur l’affaire dont il s’agit. Cette phrase est maintenant peu usitée.
En, se met quelquefois sans relation à aucune chose ni exprimée, ni sous-entendue, mais seulement par une certaine rédondance que l’usage autorise. Il en est de cela comme de la plupart des choses du monde. En venir aux mains, aux coups, aux injures. Je m’en tiens à cela.
Ce mot est employé d’une façon analogue avec certains verbes dont il modifie plus ou moins le sens. En imposer. N’en pouvoir plus. Etc. Voyez Imposer, Pouvoir, etc.
Il s’emploie de la même manière avec quelques verbes qui désignent le mouvement local, et immédiatement après les pronoms personnels. Je m’en vais partir. Vous en allez-vous à tel endroit ? Il s’en retourne dans son pays. Nous nous en allons à la promenade. Ils s’en vinrent l’épée à la main ; etc., c’est-à-dire : Je vais partir. Allez-vous à tel endroit ? Il retourne dans son pays. Nous allons à la promenade. Ils vinrent l’épée à la main.
Il n’en est pas de même lorsque les verbes Aller, retourner, venir, joints à la particule et au pronom personnel, s’emploient dans la signification de Partir, sortir, se retirer, et qu’ils n’ont aucun régime après eux ; alors, la particule et le pronom personnel sont absolument nécessaires pour rendre le sens parfait, et ne peuvent se retrancher. Adieu, je m’en vais. Si vous avez affaire, je m’en irai. Allons-nous-en. Voulez-vous vous en retourner ? Veux-tu t’en venir ?
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