relever

RELEVER

conjugaison verbe transitif et intransitif Conjugaison : (se conjugue comme Amener).
Étymologie : xiie siècle. Issu du latin relevare, « soulever, soulager, alléger », lui-même dérivé de levis, « léger ».

I.

I. Verbe transitif.
A.  Remettre en position verticale.
1.  Remettre quelqu’un debout, le redresser. Le seigneur releva son vassal agenouillé. Relever un enfant qui a fait une chute. Relever un blessé.
▪  Pron. Se remettre debout, sur ses pieds. Aidez-moi à me relever. Elle se releva d’un bond à ce bruit. Ses insomnies la conduisent à se relever la nuit, à quitter son lit. Dans l’Écriture sainte. Se relever d’entre les morts, ressusciter.
2.  Remettre droit ce qui était tombé, lui rendre sa position verticale d’origine. Relever une chaise renversée, une statue mise à bas. Relever des murailles en ruines, les reconstruire. Pron. L’embarcation qui penchait se releva lentement.
▪  Spécialement. Marque de domaine : marine. Relever un navire, le remettre à flot. – Marque de domaine : tricot. Relever des mailles, reprendre sur l’aiguille des mailles arrêtées ou en attente pour commencer une nouvelle partie de l’ouvrage. Relever les mailles pour faire une encolure.
3.  Fig. Remettre quelqu’un ou quelque chose dans une position favorable, dans un état de prospérité d’où il était déchu. Relever une maison, une famille. Relever un pays. Relever le courage de quelqu’un (vieilli), lui redonner de la force, de l’énergie. Relever un titre, un nom, reprendre un titre de noblesse, un nom après qu’il est tombé en déshérence. Spécialement. Marque de domaine : féodalité. Relever le fief, s’acquitter, pour pouvoir jouir d’un fief, des obligations qui lui sont afférentes auprès du seigneur dont il dépend, notamment du paiement de certaines redevances. – Marque de domaine : vènerie. Relever le défaut, voir Défaut.
▪  Pron. Revenir à un état plus favorable, se remettre d’une épreuve. Se relever d’un cuisant échec. Pensez-vous qu’il puisse se relever d’un tel malheur ?
B.  Ramasser. Relever les morts au soir de la bataille. Relever les copies. Relever son courrier. Par métonymie. Relever sa boîte aux lettres. Relever un piège à rat. Le pêcheur part relever ses filets, ses casiers.
▪  Expr. fig. Relever le gant, le défi, accepter un défi (par allusion à la coutume des chevaliers qui jetaient leur gant à ceux qu’ils voulaient combattre).
C.  Porter à un niveau supérieur, mettre plus haut.
1.  Diriger, orienter vers le haut. Elle releva sa jupe pour ne pas la mouiller. Relever ses manches, les retrousser sur ses avant-bras et, fig., se préparer avec ardeur à une tâche qui exige beaucoup de travail, d’énergie. Relever ses cheveux en chignon. Relever les vitres d’une voiture, des stores. Pron. La barrière du passage à niveau se relève automatiquement.
▪  Expr. fig. Relever la tête, le front, refuser de s’avouer vaincu.
▪  Marque de domaine : équitation. Relever un cheval, agir par la main et l’éperon pour qu’il redresse la tête.
2.  Rehausser, surélever. Relever un terrain de quelques dizaines de centimètres. Relever un plancher. Marque de domaine : orfèvrerie. Relever en bosse, voir Bosse.
▪  Fig. Augmenter un montant, une valeur, un prix. Relever les salaires, les taux de change.
3.  Fig. Donner plus de relief, d’éclat à quelque chose, le mettre en valeur. Relever un plafond de dorures. Son récit était relevé d’anecdotes piquantes. Vieilli. Faire valoir, louer une chose. Vous relevez trop le peu que j’ai fait.
▪  Spécialement. Marque de domaine : cuisine. Donner un goût plus prononcé à un plat. Relever une sauce avec des épices.
D.  Noter, consigner.
1.  Faire remarquer, souligner. Cette parole malheureuse ne méritait pas d’être relevée. Relever une impertinence, y répondre avec vivacité. Absolument. J’ai bien saisi le sous-entendu mais j’ai préféré ne pas relever.
▪  Par métonymie. Vieilli. Relever quelqu’un, le reprendre vivement.
2.  Mettre par écrit, reproduire sur un support ; dresser, établir une liste. Relever les noms des participants. Relever les inscriptions d’une stèle. Relever les mesures d’un bâtiment. Relever des empreintes. Par métonymie. Relever un compteur d’électricité, de gaz, etc., noter les chiffres qui y figurent et qui correspondent à la quantité consommée.
▪  Spécialement. Marque de domaine : marine. Marque de domaine : aéronautique. Effectuer le relèvement d’un amer. Relever une balise, un phare. – Marque de domaine : architecture. Représenter un édifice en plan, en coupe et en élévation.
E.  Mettre une nouvelle personne, une nouvelle troupe, une nouvelle équipe à la place d’une autre pour assurer la continuité d’une tâche, d’un service ; assurer le remplacement, la relève de quelqu’un. Relever une division, une compagnie. Relever une sentinelle. Relever le quart, le timonier. L’équipe médicale de jour sera bientôt relevée par celle de nuit. Pron. Ils se relevaient d’heure en heure.
F.  Libérer d’un engagement, d’un contrat, d’une obligation juridique. Relever quelqu’un de ses charges, de son serment. Relever un plaignant d’une interdiction, d’une déchéance. Ce moine demande à être relevé de ses vœux, à se faire relever de ses vœux.
▪  Par extension. Relever quelqu’un de ses fonctions, le révoquer.

II.

II. Verbe intransitif.
1.  Se remettre d’une faiblesse, d’une maladie ; se porter mieux. Relever de couches, d’une grippe. On ne doute pas qu’il en relève (vieilli).
2.  Marque de domaine : féodalité. Être dans la mouvance d’une seigneurie, dans le vasselage d’un seigneur. Ce fief, cette terre ne relève que du roi.
▪  Par extension. Être du ressort, dépendre de quelque chose, lui être subordonné. Cette affaire relève de la cour d’assises. Voilà qui ne relève pas de ma compétence. Par analogie. Ce fonctionnaire relève directement du ministre. Il ne veut relever de personne.
▪  Fig. Appartenir à un domaine donné. Son texte relève plus du pamphlet que de la critique. Cette accusation ne relève que du mépris, ne mérite que le mépris.
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