reprendre

4e édition

REPRENDRE.

v. a. Conjugaison : (Il se conjugue comme Prendre.)
■  Prendre de nouveau ce qu’on avoit vendu, donné, engagé, abandonné, perdu, renvoyé, &c. Reprendre une ville. Reprendre à son service un ancien domestique. Cet homme a repris sa femme après une longue séparation. Après son exil il reprit sa place au Sénat. Il faut reprendre les derniers erremens de cette affaire. Il a repris la conduite, le gouvernement de la maison. Nous reprîmes le grand chemin à tel endroit. Le cheval qu’il m’a vendu est poussif, je l’obligerai bien à le reprendre. Cet homme laisse de grands biens, mais sa veuve a beaucoup à reprendre sur sa succession avant toutes choses.
On dit figurément, Reprendre le dessus, pour dire, Regagner l’avantage qu’on avoit perdu. Il a bien repris le dessus.
Il se prend aussi pour Saisir de nouveau ce qui s’est échappé. Ce prisonnier s’étoit sauvé, mais on l’a repris. On a repris cet oiseau qui s’étoit envolé.
On dit, que Le rhume, la fièvre, ou quelque autre maladie a repris à quelqu’un, pour dire, qu’Elle lui est revenue, qu’elle lui a pris de nouveau. En ce sens il est neutre ; & dans le même sens il est aussi quelquefois actif, comme dans cette phrase, La goutte, la fièvre l’a repris.
Il signifie aussi, Continuer quelque chose qui avoit été interrompu. Reprenons le discours. Reprenons la conversation où nous en étions. Après cette interruption il reprit ainsi son discours.
On dit aussi, Reprendre une chose, une histoire de plus haut, pour dire, La raconter en la commençant d’un temps plus éloigné, pour rendre la narration plus claire, pour mieux éclaircir le fait. Pour vous mieux instruire de cet événement, il faut reprendre la chose de plus haut. Reprenons cette histoire de plus haut. Et lorsque celui qui rapporte une conversation, fait parler l’un des interlocuteurs, il se sert de ces mots, Reprit-il, il reprit, pour dire, Répliqua-t-il, il répliqua. Cela est indubitable, reprit-il ; mais ....
On dit au Palais, Reprendre une instance, pour dire, Continuer avec une nouvelle partie un procès commencé avec une autre, & qui avoit été interrompu par mort ou autrement. Il a fait assigner les héritiers d’un tel, pour reprendre l’instance avec lui.
On dit, Reprendre ses forces, pour dire, Les rétablir ; Reprendre courage, pour dire, Se ranimer ; Reprendre ses esprits, pour dire, Revenir d’un état d’étonnement, de trouble, ou de foiblesse ; &, Reprendre son haleine, pour dire, Se reposer pour se mettre en état de recommencer à parler, à marcher, &c.
On dit, Reprendre un mur sous œuvre, par dessous œuvre, pour dire, Rebâtir les fondemens d’un mur, en soutenant le reste de l’édifice par des étaies.
On dit aussi, Reprendre une toile, une étoffe, un bas de soie, de laine, de coton, pour dire, Les rejoindre. Ces bas sont trop rompus, on aura de la peine à les reprendre, à reprendre les mailles.
Reprendre, signifie, Réprimander, blâmer, corriger quelqu’un par des paroles, pour quelque chose qu’on prétend qu’il a fait ou dit mal à propos ; blâmer quelque chose. Reprendre doucement. Reprendre aigrement, rudement. On ne sauroit assez reprendre les vices. On a beau reprendre ce jeune homme de ses débauches, de ses fautes, il y retombe toujours. C’est un homme de bien, je ne vois rien à reprendre en ses mœurs, en sa conduite. On l’a repris de telle chose.
Il se dit aussi avec le pronom personnel, & signifie, Se corriger, se rétracter de quelque chose qu’on a dit mal à propos, ou sans intention. Il dit un mot pour un autre, mais il se reprit aussitôt. Il laissa échapper un terme un peu injurieux, mais il se reprit dans le moment.
Reprendre, se prend aussi pour Trouver à redire à quelque ouvrage, critiquer. Cet homme trouve à reprendre dans les meilleurs Auteurs. Je ne trouve rien à reprendre à ce passage. Quelque excellent que soit un ouvrage, il y a toujours quelque chose à reprendre. Il n’y a rien à reprendre en cela. Il trouve à reprendre à tout ce qu’on fait. Il trouve à reprendre à tout.
Reprendre, se dit encore Des arbres, des plantes, qui étant transplantées prennent racine de nouveau. Ce pommier, ce poirier a bien repris. En ce sens il est neutre. On le dit aussi Des greffes. Cette greffe a bien repris.
Reprendre, se dit aussi neutralement en termes de Manége, pour signifier, L’action que fait le cheval en cessant au galop d’entamer avec la même jambe, & en entamant avec l’autre ; ce qui s’appelle aussi, Changer de pied. Votre cheval reprend bien. Faites que votre cheval reprenne.
Se reprendre. v. récipr. Il se dit Des blessures, des chairs qui ont été coupées, ouvertes, séparées ; & il signifie, Se refermer, se rejoindre. La plaie se reprend. Les chairs se reprennent.
Repris, ise. participe.
On dit, qu’Un homme a été repris de Justice, pour dire, qu’Il a été puni ou réprimandé par Justice, qu’il a été condamné à une peine afflictive ou infamante. Il ne peut pas servir de témoin, il a été repris de Justice.
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