messieurs

MONSIEUR

Prononciation : (on se prononce eu ; r ne se fait pas entendre) nom masculin (pluriel Messieurs).
Étymologie : xiiie siècle, monsor. Composé de mon et de sieur, « seigneur, sire ».

I.

I. Titre d’honneur qu’on donne à un homme, en lui parlant ou en parlant de lui.
Remarque
On peut écrire, par abréviation, M. pour Monsieur, MM. pour Messieurs, devant un nom de famille, un titre ou une qualité, mais on écrit Monsieur en toutes lettres quand il s’agit d’un titre honorifique consacré par l’histoire, dans les suscriptions et les formules de politesse de la correspondance.
1.  Titre donné, sous l’Ancien Régime, aux hommes de condition, nobles ou bourgeois. Monsieur de Saint-Simon. Monsieur Jourdain.
▪  S’employait au Parlement et dans les autres cours souveraines. Messieurs du Parlement ou Messieurs de Paris. Elliptiquement. Un de messieurs. L’avis de messieurs. On dit encore Messieurs de la cour.
▪  Suivi du nom d’une ville épiscopale, pour désigner l’évêque du diocèse. Monsieur de Meaux.
▪  Spécialement. Monsieur de Paris, de Béthune, le bourreau de Paris, de Béthune.
▪  Au pluriel. Messieurs de Port-Royal, les solitaires de Port-Royal (on disait aussi, simplement, Ces messieurs).
▪  Absolument et avec une majuscule. A désigné, à partir du xvie siècle, l’aîné des frères du roi. La maison de Monsieur. Monsieur et Madame. Marque de domaine : histoire. La paix de Monsieur, signée avec les protestants en 1576, par l’entremise du duc d’Alençon, frère du roi Henri III.
▪  Marque de domaine : horticulture. Prune de Monsieur, sorte de prune ronde d’un beau violet.
2.  Titre qu’on donne à un homme à qui l’on parle ou écrit, ou de qui l’on parle, par déférence, par civilité. Bonjour Monsieur. Voyez cette affaire avec Monsieur. Mesdames et Messieurs.
Remarque
La formule Messieurs dames ! n’est pas correcte.
▪  Dans la correspondance ou la conversation (avec une minuscule). J’ai rencontré hier monsieur votre père.
▪  Devant le nom de famille. Je vous présente Monsieur Untel. Monsieur et Madame X. (S’omet habituellement pour parler des gens célèbres ; ne s’emploie pas, en règle générale, devant le nom d’un artiste, d’un auteur après sa mort.)
▪  Dans la correspondance. Cher Monsieur. Monsieur et cher ami.
Remarque
L’usage élégant, dans la correspondance manuscrite, était de libeller l’adresse d’une lettre : À Monsieur, Monsieur Untel. On rencontre aussi : À Monsieur le Professeur, Monsieur Untel.
▪  Suivi d’un titre militaire, peut être employé dans la correspondance, en formule d’appel ou de courtoisie. Monsieur le général. Monsieur l’amiral.
▪  Devant un nom de fonction. Monsieur le cardinal. Monsieur le président. Monsieur le maire. Spécialement. Monsieur Loyal, voir Loyal.
▪  Fam. Sert à former des surnoms, des sobriquets. Monsieur Tout-le-monde. Monsieur Je-sais-tout. Marque de domaine : histoire. Monsieur Veto, surnom donné à Louis XVI sous la Législative.
▪  Dans des phrases à la troisième personne du singulier, pour marquer la déférence, le respect. Monsieur et Madame sont sortis. Monsieur désire-t-il autre chose ?
  Titres célèbres : Monsieur de Pourceaugnac, de Molière (1669) ; Monsieur Teste, de Paul Valéry (recueil publié en 1929) ; Monsieur Ouine, de Georges Bernanos (1946).
3.  Peut s’employer pour manifester de l’humeur à une personne avec qui l’on est habituellement en termes familiers. Allez, Monsieur, vous me fâchez ! Monsieur mon fils, vous n’en ferez rien.
▪  Joint à un terme de blâme, de reproche. Monsieur le fat, Monsieur l’insolent.

II.

II. Précédé d’un article, d’un déterminant.
1.  Tout homme adulte dont on parle avec civilité. Un monsieur vous demande. Un monsieur et une dame. Je ne connais pas ces messieurs. Marque de domaine : sports. Au pluriel et en apposition. Un double messieurs, un simple messieurs, se dit d’épreuves de tennis, de golf disputées par des hommes.
▪  Spécialement et vieilli. Homme de condition aisée, bourgeoise. Un monsieur de la ville. Traiter quelqu’un comme un monsieur. C’est un monsieur, il a le langage, les manières, l’éducation d’un bourgeois, d’un notable. Un jeune monsieur et, parfois ironiquement, un petit monsieur, un fils de famille aisée.
▪  Loc. et expr. C’est un grand monsieur, un homme remarquable par sa distinction et sa haute valeur morale. Un beau monsieur, un homme vêtu avec élégance ou, par antiphrase, un personnage peu recommandable. Un vilain monsieur ou, par antiphrase, un joli monsieur, un individu dont on blâme, dont on réprouve la conduite, les mœurs.
2.  Précédé de l’adjectif possessif, pour appuyer l’expression de la condescendance ou du mépris. Mon petit monsieur. Mon bon monsieur, mon brave monsieur, vous ne m’apprenez rien.
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