fait, faite

I. FAIT

Prononciation : (t ne se prononce pas),

FAITE

adjectif
Étymologie : xiie siècle. Participe passé du verbe faire.
↪ voir aussi : II. Fait (n. m.)
1. Qui est constitué de telle ou telle façon, qui a tel ou tel aspect. Un homme bien fait, une femme bien faite, dont l’aspect physique est agréable. Être fait à ravir, fait à peindre, fait au tour. Fam. Elle est bien faite de sa personne. Vieilli. Il est fait d’étrange manière, il est bizarrement accoutré. Comme vous voilà fait ! dans quel état êtes-vous !
▪ Fig. Une tête bien faite, par opposition à Une tête bien pleine, se dit, par allusion à une formule de Montaigne, d’un esprit équilibré, au jugement sain et, par métonymie, de la personne elle-même.
2. En parlant d’une chose. Exécuté, composé. Un ouvrage bien fait, mal fait. Expr. Aussitôt dit, aussitôt fait, s’emploie pour souligner que la parole est immédiatement suivie de l’action. Vite fait, bien fait (fam.), pour faire ressortir la promptitude d’une action, la célérité avec laquelle on s’acquitte d’une tâche. C’est bien fait pour lui ou, elliptiquement, C’est bien fait et, fam., Bien fait ! il l’a bien mérité.
▪ Loc. adj. Fait à plaisir, inventé de toutes pièces. Un conte fait à plaisir. Tout fait, se dit d’un objet, d’un produit que l’on achète tout préparé, prêt à être utilisé ou consommé. Un vêtement tout fait, de confection, prêt à être porté. Fig. Une phrase toute faite, une façon de parler particulière, qui est consacrée par l’usage. Une idée toute faite, un lieu commun. Des opinions toutes faites, dénuées d’originalité, reçues et répétées sans examen.
▪ Spécialement. Se dit d’une partie du corps qui a reçu des soins appropriés. Avoir les yeux faits, fardés. Avoir les ongles faits, vernis.
3. En parlant d’une chose. Achevé, accompli, mené à terme. Voilà qui est fait, se dit notamment à propos d’une action délicate ou difficile. Ce qui est fait est fait, se dit d’un acte regrettable, d’un évènement fâcheux sur lequel il n’y a pas lieu de revenir. Ce n’est ni fait ni à faire (fam.), se dit d’un ouvrage manqué, qu’on a eu tort d’entreprendre. C’est une affaire faite, l’affaire est sur le point d’être conclue. Son affaire est faite (fam.), son compte est bon.
▪ Loc. C’en est fait de, c’en est fini de. C’en était fait de ses illusions. C’en est fait de nous, nous sommes perdus.
▪ Par analogie. En parlant d’une personne. Arrivé à son plein épanouissement. Un homme fait, un adulte, un homme mûr.
▪ En parlant d’un aliment. Arrivé à son point de maturation. Un fromage fait, fait à cœur.
4.  Loc. Être fait à, être accoutumé, rompu, endurci à. Un homme fait à la fatigue, à la vie au grand air. Elle n’est pas encore faite au climat, aux usages du pays. Nous sommes faits à leurs facéties.
▪ Être fait pour, être capable de, propre à. Il semble peu fait pour ce poste, pour occuper de telles fonctions. Cette poutre n’est pas faite pour supporter un tel effort. Une telle nouvelle était bien faite pour l’affliger. Expr. Ils étaient faits pour s’entendre, faits l’un pour l’autre, ils semblaient destinés l’un à l’autre.
5.  Loc. adv. Si fait, formule qui sert à marquer l’approbation. « Vous ne me croyez pas ? – Si fait. »
6.  Pop. Qui est pris, capturé. La police cerna la maison, les voleurs étaient faits. Expr. Être fait comme un rat, être capturé et, fig., être tombé dans un piège.
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