fourrer

FOURRER

conjugaison verbe transitif
Étymologie : xiie siècle, forrer. Probablement dérivé de l’ancien français fuerre (voir Fourreau).

I.

I. Doubler, garnir.
1. Doubler, garnir extérieurement. Fourrer d’hermine une robe de magistrat. Marque de domaine : marine. Fourrer un câble, un cordage, l’entourer d’une fourrure, d’un revêtement de bandes de toile goudronnée ou d’un manchon en plastique, afin de le protéger des frottements ou de l’humidité. Mailloche à fourrer, qui sert à égaliser les tours que fait la fourrure d’un câble, d’un cordage.
2. Doubler, garnir intérieurement. Fourrer un manteau de martre, de petit-gris. Fourrer des gants. Fourrer un gâteau de confiture, des bonbons de liqueur, des chocolats d’une crème. Fourrer des faîtières, en garnir de plâtre le dessous, pour les fixer.
3.  Spécialement. Fourrer une monnaie, une médaille, recouvrir d’un placage d’argent ou d’or un flan de métal vil avant de le frapper ; altérer une monnaie, une médaille, en l’évidant pour substituer un métal vil à l’or, à l’argent.

II.

II. Fam. Faire entrer, mettre.
1. Introduire, glisser, faire pénétrer. Fourrer la main dans sa poche. Fourrer son doigt dans un trou. Il s’est fourré une épine, une écharde dans le doigt. Pron. Le chat s’est fourré sous un lit. Où s’est-il donc fourré ? où se cache-t-il ? Par exagération. Il est toujours fourré chez eux, il s’y rend dès qu’il le peut.
▪ Pron. fig. Se mettre dans un embarras. Où me suis-je encore fourré ?
▪ Expr. fig. Se fourrer le doigt dans l’œil, se tromper. Fourrer son nez partout, se mêler indiscrètement des affaires d’autrui. Pron. Chercher quelque trou où se fourrer, chercher un emploi, une place (vieilli), chercher où se cacher. Ne pas, ne plus savoir où se fourrer, ne pas, ne plus savoir comment se dérober à la confusion qu’on éprouve.
2. Placer, mettre en quelque endroit, parmi d’autres choses, sans ordre, sans soin, sans ménagement. Il aura fourré cela dans un coin, derrière un meuble. Fourrer des papiers dans un tiroir, des vêtements dans une malle. Où ai-je fourré mes lunettes ? Fourrer quelqu’un en prison, au cachot, l’incarcérer de manière plus ou moins brutale.
▪ Fig. Insérer hors de propos. Il a fourré en vrac dans son devoir tout ce qu’il savait.
▪ Expr. fig. Fourrer tout le monde dans le même sac, porter indistinctement sur tout le monde le même jugement défavorable. Fourrer quelque chose dans l’esprit, dans la tête, dans le crâne de quelqu’un, parvenir à le lui faire accroire, à l’en persuader. Qui a pu lui fourrer cette absurdité dans l’esprit ? Pron. Se fourrer dans la tête mille chimères. Par métonymie. L’idée, l’erreur qui s’est fourrée dans son esprit.
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