foi

FOI

nom féminin
Étymologie : xie siècle, feid. Issu du latin fides, « foi, confiance, loyauté, parole donnée », et, en latin chrétien, « confiance en Dieu ».

I.

I. Fidélité à la parole donnée.
1. Assurance que l’on donne d’être fidèle à sa promesse. Engager, donner, jurer sa foi, promettre. Jurer par sa foi, sur sa foi, affirmer sous serment. Croire quelqu’un sur sa foi, sur sa promesse. Être prisonnier sur sa foi. Se fier à la foi d’autrui. Trahir sa foi, manquer à sa foi. Foi conjugale, promesse de fidélité dans le mariage. Violer la foi conjugale. Marque de domaine : féodalité. Jurer foi et hommage, pour un vassal, prêter serment de fidélité à son seigneur. Homme de foi, vassal.
▪ Loc. Par ma foi, sur ma foi, j’en donne ma parole. Foi de, parole de. Foi de gentilhomme. Foi d’honnête homme. Par affaiblissement. Ma foi, se dit familièrement pour atténuer une affirmation, une négation, ou pour marquer une incertitude. Ma foi, je n’en sais rien. Il a, ma foi, raison. C’est ma foi vrai. Ma foi oui ! Ma foi non !
2. Exactitude à tenir sa parole, à remplir ses engagements. Cet ami vous a-t-il manqué de foi ? Expr. C’est un homme sans foi ni loi, que n’arrêtent ni le respect de la parole donnée, ni la crainte des lois ; signifiait naguère, plus littéralement, qui est sans religion ni morale.
▪ Loc. Bonne foi, qualité ou conduite d’une personne qui agit, qui parle selon sa conscience, avec franchise, dans une intention droite. Être de bonne foi. Protester de sa bonne foi. Ayez la bonne foi de reconnaître vos torts. Agir de bonne foi. On a abusé de ma bonne foi. Je vous répondrai en toute bonne foi. On dit également, dans le sens contraire, Mauvaise foi. Être d’une rare, d’une insigne mauvaise foi. Marque de domaine : droit. Bonne foi, se dit de la conviction où est une personne qu’elle agit, qu’elle contracte légalement, ou qu’elle acquiert, qu’elle possède légitimement, par opposition à Mauvaise foi. Exciper de sa bonne foi. La bonne foi est toujours présumée en ce cas. Cette convention devra être exécutée de bonne foi, sans chercher à en tourner les obligations. Celui qui allègue la mauvaise foi de l’adversaire doit la prouver. Possession de bonne foi, détention d’un bien réputée ou jugée légitime, quoique sans titre (on dit, dans le sens contraire, Possession de mauvaise foi).
3. Garantie qui résulte d’un serment, d’une promesse, d’un engagement. Témoigner sous la foi du serment. Respecter, violer la foi des traités. Agir contre la foi des traités.
▪ Loc. verb. Faire foi, attester le bien-fondé de quelque chose ; garantir, établir de façon indubitable. Cette lettre fait foi de vos engagements. L’acte authentique fait foi en justice. Dans le langage administratif et commercial. Le cachet de la poste faisant foi, attestant la date de l’envoi.
▪ Loc. prép. Sur la foi de, en se fiant à. Je vous ai aidé sur la foi de notre amitié. Nous ne pouvons en juger que sur la foi des témoins. Litt. Sur la foi d’un songe.
▪ Expr. Laisser quelqu’un sur sa foi (class.), le laisser libre d’agir comme il l’entend, lui faire confiance. En parlant d’un oiseau de chasse. Laisser l’oiseau sur sa foi, le laisser aller librement dès lors qu’il a été dressé à revenir fidèlement.
▪ Expr. En foi de quoi, formule qui précède la signature apposée au bas de certains actes. En foi de quoi nous avons signé le présent certificat.

II.

II. Confiance qu’inspire la parole ou la personne d’autrui ; conviction entraînant une forte adhésion du cœur et de l’esprit, croyance.
1. Certitude de la loyauté, de la sincérité d’autrui. J’ai en lui une foi aveugle. Une personne digne de foi. Par métonymie. Cette information émane d’une source digne de foi. On ne peut ajouter foi au récit de ce témoin, prêter foi à ses allégations ou, class., On ne peut lui ajouter foi.
▪ Par extension. Espérance ferme que l’on place en quelqu’un, en quelque chose (on emploiera plus souvent Foi en lorsqu’il s’agit d’une personne). Il met toute sa foi en ses amis, dans le succès de cette entreprise. Avoir foi en soi-même, dans son étoile. Avoir foi dans le progrès de l’humanité, en l’avenir.
▪ Spécialement. Ligne de foi, droite tracée sur l’alidade d’un cercle ou de tout autre instrument gradué, et servant à indiquer la direction du centre de l’instrument à l’objet visé. La ligne de foi d’un compas, d’une lunette.
2.  Marque de domaine : religion. Le fait de croire en Dieu ; la certitude propre au croyant. La foi d’un juif, d’un chrétien, d’un musulman. Une foi ardente, inébranlable, chancelante. Avoir la foi. Être ferme, persévérer dans la foi, dans sa foi. Manquer de foi. Pécher contre la foi. Perdre la foi. Acte de foi, voir Acte. Expr. Un homme de peu de foi, qui manque de confiance en Dieu. Spécialement. Marque de domaine : théologie chrétienne. L’acte par lequel l’homme s’en remet tout entier et librement à Dieu qui se révèle, en adhérant fermement aux vérités contenues dans la Révélation. La foi d’Abraham. Vivre dans la foi, l’espérance et la charité. Foi implicite, foi de celui qui adhère aux croyances d’une Église, sans être instruit de tous les éléments des dogmes.
▪ Par métonymie. L’ensemble des vérités qui font l’objet de la croyance dans une religion révélée et, par extension, cette religion elle-même. L’intelligence de la foi. Renoncer à sa foi, renier, abjurer la foi de ses pères. Professer, embrasser la foi judaïque, la foi chrétienne ou la foi de l’Église. Prêcher, répandre, défendre la foi catholique ou, elliptiquement, la Foi. La propagation de la Foi dans les terres de mission. Le dépôt de la Foi, l’ensemble des vérités révélées, qu’il appartient à l’Église de conserver et de transmettre. Soutenir une opinion contraire à la Foi. Combattre les ennemis de la Foi. Confesseur de la Foi, voir Confesseur. Article de foi, voir Article. Profession de foi, déclaration solennelle par laquelle on affirme son adhésion aux principes, aux dogmes d’une religion ; la formule employée à cette occasion. Cérémonie de la profession de foi, au cours de laquelle ceux qui ont été instruits dans la foi de l’Église renouvellent solennellement les engagements du baptême. Par extension. Déclaration publique des principes philosophiques, littéraires ou artistiques dont on se réclame. Marque de domaine : politique. Déclaration écrite et publique contenant l’exposé de la doctrine, du programme d’un candidat à un mandat électif.
▪ Expr. Avoir la foi du charbonnier (expression tirée d’un conte ancien), croire avec simplicité, sans aucun examen. Voir avec les yeux de la foi (s’emploie parfois avec une nuance péjorative pour Croire naïvement, avec une confiance excessive), voir toutes choses à la lumière de la foi. Sa foi déplacerait des montagnes, elle lui donne la force et l’audace d’entreprendre des actions jugées impossibles. Il n’y a que la foi qui sauve, selon la doctrine des réformateurs, la foi seule assure le salut, indépendamment des œuvres ; par extension, fam. et iron., se dit à propos d’une confiance naïve.
 Titre célèbre : Profession de foi du vicaire savoyard, partie du Livre IV de l’Émile, de Jean-Jacques Rousseau (1762).
3. Conviction forte et durable, sentiment que l’on a de la justesse d’une idée, des principes. Foi politique, philosophique. Foi républicaine. Il professait une foi absolue dans la science.
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