cru, -ue

I. CRU, CRUE

adjectif
Étymologie : xiie siècle. Du latin classique crudus, « saignant », « non travaillé » (en parlant du cuir).
↪ voir aussi : II. Cru (n. m.)
1. En parlant des aliments. Qui n’est pas cuit. Viande crue. De la chair crue. Ne manger que des légumes et des fruits crus. Du lait cru, simplement refroidi à 15 °C, par opposition au lait pasteurisé ou stérilisé. Par analogie. Eau crue, syn. vieilli d’Eau dure, eau chargée de sels, généralement calcaires, qui est indigeste.
▪ Expr. fig. et fam. Avaler, manger quelqu’un tout cru, le traiter sans ménagement tant on est irrité contre lui.
2. En parlant de certaines matières. Brut, qui n’a pas subi de préparation. Du cuir cru. Du chanvre cru. De la soie crue (on dit plutôt Soie écrue). Un métal cru, non purifié. Briques crues, simplement séchées à l’air et au soleil.
3. En parlant de la lumière, des couleurs. Qui est dur, brutal ; que rien n’atténue. Une lumière crue, éblouissante. Le néon fournit une lumière très crue. Des couleurs crues. Un vert cru. Un ton cru. Marque de domaine : peinture. Lumière, ombre crue, se dit lorsque les zones claires ne sont pas séparées des zones sombres par des passages.
4.  Fig. Qui est exprimé sans ménagement. Il lui a fait une réponse fort crue. Faire une description très crue de la situation. Je lui ai dit la vérité toute crue. Adverbialement. Cru, tout cru, sans détour. Parler cru. Je vous dis cela tout cru, comme je le pense.
▪ Spécialement. Qui manque à la décence, à la bienséance. Tenir des propos très crus. Il employa les mots les plus crus. Des plaisanteries trop crues.
5.  Loc. adv. À cru, en reposant directement sur une chose. Marque de domaine : équitation. Monter à cru, sans selle. – Marque de domaine : architecture. Une construction qui porte à cru, directement sur le sol.
Voir aussi
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