prêter

7e édition

PRÊTER.

v. a.
■  Donner une chose sous condition que celui qui la reçoit la rendra. Prêter des meubles. Prêter de l’argent. Prêter un cheval. Prêter sa voiture. Prêtez-moi cette brochure. Il ne rend jamais les livres qu’on lui prête.
Il s’emploie quelquefois absolument, et alors c’est toujours d’argent qu’il s’agit. C’est un homme qui n’aime pas à prêter. Prêter à intérêt, à usure, sur gage.
p. 502Prêter à la petite semaine, Prêter pour un temps très court et à un intérêt très élevé.
Prov., On ne prête qu’aux riches, On prête plus volontiers à ceux qui sont en fonds pour rendre ; et, figurément et par extension, On attribue volontiers de bonnes ou de mauvaises qualités, des traits d’esprit ou des sottises, à certaines personnes, d’après la réputation qu’elles se sont faite.
Prêter, signifie quelquefois simplement, Fournir, donner. Si Dieu lui prête vie. La nuit lui prêtait son ombre.
Fig., Prêter secours, aide, faveur, etc., Secourir, aider, favoriser quelqu’un en quelque chose.
Fig., Prêter main-forte, Appuyer par la force l’exécution des ordres de la justice.
Fig., Prêter la main à quelque chose, Aider à faire quelque chose, être complice de quelque chose. Il a prêté la main à ce vol, à ce meurtre.
Fig., Prêter la main à quelqu’un, L’aider à porter quelque chose de pesant, à remuer, à soulever quelque fardeau, ou l’aider à réussir dans une entreprise. Prêtez-moi un peu la main. On dit dans le même sens, Prêtez-moi l’épaule.
Fig., Prêter l’oreille, prêter attention, prêter silence, Écouter, donner son attention, faire silence.
Prêter serment, Faire serment devant quelqu’un. Prêter serment de fidélité au roi. Prêter serment devant un tribunal. Il fut admis à prêter serment.
Prêter foi et hommage, se disait D’un vassal qui rendait foi et hommage au seigneur duquel il relevait.
Prêter son nom, Laisser faire en son nom un acte où l’on n’a point d’intérêt, dont un autre a les avantages et les charges. Il se dit aussi De celui qui en autorise un autre à se servir de son nom en quelque occasion.
Prêter son crédit, prêter ses amis à quelqu’un, Lui rendre service, soit par son crédit, soit par le moyen de ses amis.
Prêter sa voix, prêter son ministère à quelqu’un, Parler pour lui, s’employer pour lui.
Fig., Prêter à quelqu’un des discours, des intentions, une action, un ouvrage, une chanson, une plaisanterie, Les lui attribuer. On dit dans le même sens, Prêter à quelqu’un des torts, un ridicule, un travers, etc.
Fam., Prêter le collet à quelqu’un, Se présenter pour lutter ou combattre corps à corps avec lui. Il est aussi fort que vous, il vous prêtera le collet quand vous voudrez. Il signifie aussi, figurément et familièrement, Être prêt à résister à quelqu’un, à disputer contre lui. Il est homme à lui prêter le collet.
Prêter le flanc à l’ennemi, Se poster ou marcher avec si peu de précaution, qu’on puisse être pris en flanc par l’ennemi.
Fig. et fam., Prêter le flanc, Donner prise sur soi. On dit à peu près dans le même sens, Prêter à la censure, à la critique, au ridicule, etc.
Fig., Cette action, cette conduite prête à de fâcheuses interprétations, Cette conduite est de nature à être interprétée d’une manière défavorable. On dit de même, Cette action, ce discours prête à la plaisanterie.
Prêter, s’emploie quelquefois avec le pronom personnel, et signifie, S’adonner, se laisser aller momentanément à quelque chose. On peut se prêter au plaisir, mais il ne faut pas s’y abandonner. Il faut savoir quelquefois se prêter à l’illusion.
Il signifie aussi, Consentir par complaisance à quelque chose. Je me prêterai à cet accommodement. C’est un homme qui se prête à tout, qui ne se prête à rien. Il se prête à tout ce qui fait plaisir aux autres. Il s’est prêté à de viles manœuvres.
Absol., Il faut savoir se prêter, Il faut savoir user de complaisance à propos.
Prêter, est aussi neutre, et il se dit Du cuir, des étoffes, et autres choses de même nature, qui s’étendent aisément quand on les tire. Du cuir qui prête. Un bas qui prête. Une étoffe qui prête.
Fig., C’est un sujet qui prête, qui prête beaucoup, se dit D’un sujet de discours ou d’ouvrage qui peut fournir beaucoup d’idées.
Prêter, s’emploie substantivement et proverbialement, dans les deux phrases suivantes : Ami au prêter, ennemi au rendre, Quand on veut retirer son argent des mains de celui à qui on l’a prêté, il arrive souvent qu’on s’en fait un ennemi. C’est un prêter à ne jamais rendre, se dit D’un prêt d’argent fait à une personne insolvable.
Prêté, ée. part. passé.
Il s’emploie substantivement, dans cette phrase proverbiale, C’est un prêté rendu, C’est une juste représaille.
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