sang

SANG

Prononciation : (dans la langue soutenue, g se lie en s’assourdissant en k devant une voyelle ou un h muet) nom masculin
Étymologie : xe siècle. Issu du latin populaire sanguem, altération de sanguinem, accusatif singulier de sanguis, sanguinis, « sang ».

I.

I. Substance liquide visqueuse, composée de globules rouges, de globules blancs et de plaquettes baignant dans le plasma, qui circule dans le système vasculaire de l’homme et des animaux.
L’hémoglobine donne une couleur rouge au sang des Vertébrés. La circulation du sang s’effectue grâce aux contractions du muscle cardiaque. Le sang assure le transport des gaz, des substances nutritives et des éléments qui participent à la défense de l’organisme. Des gouttes de sang. Du sang sourdait de sa plaie. Perdre beaucoup de sang. Être en sang, couvert de sang, nager dans son sang. Les moustiques se nourrissent de sang. Fouetter, mordre au sang, jusqu’au sang. Un duel au premier sang, qui s’arrête à la première blessure d’un des deux adversaires. En apposition. Couleur rouge sang ou, elliptiquement, rouge sang, nuance de rouge vermeil. En composition. Sang-de-dragon, voir ce mot.
▪ Dans le langage religieux. Le saint sang, le précieux sang, que le Christ versa lors de la Passion. Recevoir le sang du Christ, communier. Par extension. Employé comme juron. Par le sang de Dieu ! (vieilli). Bon sang ! Bon sang de bonsoir ! Bon sang de bois !
▪ Spécialement. Marque de domaine : biologie. Sang artériel, qui circule dans une artère ; qui est riche en dioxygène. Sang veineux, qui circule dans une veine ; qui est riche en dioxyde de carbone (en ce sens, on dit aussi Sang noir). Oxygénation du sang, fixation du dioxygène par les globules rouges au cours de leur passage dans les poumons ou les branchies. – Marque de domaine : médecine. Pertes de sang ou, elliptiquement, pertes, voir Perte. Prise de sang, opération consistant à prélever un peu de cette substance pour l’analyser. Don de sang, par lequel une personne volontaire se fait prélever une certaine quantité de sang qui sera ensuite utilisée à des fins médicales. Banque du sang, voir Banque I. Vieilli. Laquage du sang, voir Laquage. – Marque de domaine : médecine ancienne. Une des quatre humeurs fondamentales qui, dans la classification d’Hippocrate, déterminent le tempérament. – Marque de domaine : biologie animale. Vieilli. Animal à sang chaud, dont la température corporelle varie peu et ne dépend pas de celle du milieu environnant (dans le langage scientifique, on dit aujourd’hui Homéotherme), par opposition à Animal à sang froid, dont la température corporelle varie avec celle du milieu ambiant (dans le langage scientifique, on dit aujourd’hui Poïkilotherme ou Hétérotherme).

II.

II. Le sang pris comme symbole, surtout dans des locutions et expressions.
1. Pour évoquer la vie, l’énergie, certaines émotions intenses, par référence à la théorie ancienne des humeurs du corps. De chair et de sang, bien réel, vivant. Avoir du sang dans les veines, avoir beaucoup de vigueur. Avoir du sang de poulet, du sang de navet, être sans force, sans courage. Sucer le sang de quelqu’un, l’épuiser, l’exploiter. Fouetter le sang, se dit de ce qui active la circulation, cause une excitation salutaire et vivifiante. Avoir le sang chaud, s’emporter facilement. Un coup de sang, une congestion et, par extension, un accès de colère violente. Son sang n’a fait qu’un tour, il a été vivement ému. Le sang lui est monté à la tête, il s’est fâché. Échauffer ou faire bouillir le sang à quelqu’un, l’impatienter ou le mettre en rage. S’offrir, se payer une pinte de bon sang (fam.), voir Pinte. Se faire du mauvais sang ou, fam., au pluriel, se ronger, se tourner, se manger les sangs, s’inquiéter. Se faire un sang d’encre (fam.), beaucoup de souci. Ne pas, ne plus avoir une goutte de sang dans les veines, se montrer couard ou être saisi d’horreur. Figer le sang dans les veines, glacer le sang ou, au pluriel, les sangs, se dit de ce qui remplit d’effroi. Pleurer, verser des larmes de sang, être dans le plus profond désespoir. Suer sang et eau, voir Eau. Par métonymie. Apporter, infuser du sang neuf à une entreprise, à un gouvernement, etc., y faire entrer des personnes plus jeunes, plus dynamiques.
▪ En composition. Sang-froid, voir ce mot.
2. Pour évoquer la mort violente, particulièrement en temps de guerre. Donner, verser son sang pour la patrie. « Qu’un sang impur abreuve nos sillons », paroles de La Marseillaise. L’impôt du sang (vieilli), le service militaire. Un bain de sang. Un crime de sang, un homicide. Son sang fume encore, voir Fumer I. Un buveur de sang (vieilli), un tyran qui se complaît dans la cruauté. Faire couler, répandre le sang. Être avide, ivre de sang, aimer à tuer. Avoir du sang sur les mains, avoir tué ou fait tuer. Noyer une révolte dans le sang, voir Noyer I. Mettre un pays à feu et à sang, voir Feu I. Imposer sa domination par le fer et par le sang, par les armes. Un règne écrit en lettres de sang, marqué par des atrocités. Laver un outrage dans le sang, venger son honneur par les armes. Le sang de cet homme crie vengeance, son meurtre exige d’être vengé. Payer quelque chose de son sang, être tué en expiation d’une faute. Le sang de ses victimes retombera sur sa tête, sur lui, sur ses descendants. Expr. proverbiale. Le sang appelle le sang.
▪ Spécialement. Marque de domaine : religion chrétienne. Baptême de sang, le martyre d’un catéchumène, en tant qu’il lui tient lieu de baptême.
3. Pour évoquer l’hérédité, la lignée, l’origine. Être d’un sang illustre, de sang royal. Prince, princesse du sang, issus de la maison royale par les mâles. Avoir du sang bleu, être d’origine noble. Il a du sang espagnol, du sang lorrain. Les liens du sang, ce qui unit les membres d’une même famille. La voix du sang, se dit d’un comportement, d’une attitude qui semblent dictés par l’hérédité ; se dit aussi du mouvement spontané qui porte à chérir de préférence les membres de sa famille ou à les reconnaître en toutes circonstances. Comment pourrait-il renier son fils, son sang ? Avoir quelque chose dans le sang, se dit d’une qualité, d’une habitude de famille ou, par extension, de ce qui constitue une passion. Il a la musique, le théâtre dans le sang. Bon sang ne peut, ne saurait mentir, voir Mentir. Être de sang mêlé, être métis. En composition. Sang-mêlé, voir ce mot.
▪ Spécialement. Marque de domaine : droit. Droit du sang, que confère la nationalité des parents, par opposition à Droit du sol. – Marque de domaine : histoire. La pureté du sang, au nom de laquelle, pendant la Reconquête, les juifs et les Maures nouvellement convertis au catholicisme étaient exclus de nombreuses charges.
▪ Par analogie. Race d’un animal, en particulier d’un cheval. Un cheval de sang arabe. Loc. De pur sang, se dit d’un animal dont la filiation est établie depuis l’origine de la lignée (on dit aussi De pure race). En composition. Un pur-sang, un demi-sang, voir ces mots.
 Titre célèbre : Noces de sang, pièce de Federico Garcia Lorca (1933).
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