point

II. POINT

adverbe de négation.
Étymologie : xiie siècle. Employé d’abord dans un tour négatif, avec le sens de point I, comme complément d’objet direct de verbes signifiant « voir », puis comme négation tonique pour tout type de verbe.
↪ voir aussi : I. Point (n. m.)
■  Utilisé autrefois couramment, seul ou avec l’adverbe de négation ne, point s’emploie surtout aujourd’hui dans la langue soutenue. Il est parfois préféré à pas, notamment dans des expressions ou locutions, pour donner plus de force à la négation.
1.  Employé avec la particule ne dans la locution adverbiale de sens négatif ne… point. Ne… pas, pas du tout, en rien. Ne point avancer d’opinion. Ne point vouloir courir de risque. Le verbe conjugué à un mode personnel, ou son auxiliaire dans les formes composées, s’intercale entre ne et point. Je n’en veux point. Ils n’y sont point allés. Ce n’est point mon affaire. Il n’en démord point. « Tu ne tueras point », commandement de Dieu, tiré de la Bible. « Va, je ne te hais point », dans Le Cid de Corneille, adresse de Chimène à Rodrigue, souvent citée comme exemple de litote. Pour marquer la hauteur, le dédain. Je ne veux point de votre argent, de votre soutien.
▪  Loc. et expr. Point n’est besoin de, il est inutile de. Devant un substantif, avec le sens d’Aucun. Cela ne souffre point de discussion. Ne faisons point de façons entre nous. À ne point mentir, pour ne point mentir (vieilli), en vérité, à dire vrai. Ne point se connaître, être hors de soi, sous l’empire de la colère (on dit aussi Ne plus se connaître).
▪  Prov. Il n’y a point de petites affaires, il n’est rien de si négligeable qu’il faille le dédaigner. Nécessité n’a point de loi, un extrême péril, un extrême besoin peuvent rendre excusables des actions blâmables en elles-mêmes.
2.  Employé sans la particule ne. Dans des tournures elliptiques. Un homme bienveillant, point susceptible. Des gens peu ou point instruits. Point trop n’en faut. Souvent dans des réponses. « Êtes-vous fâché ? – Point. » Point du tout.
▪  Dans des phrases nominales. Point d’hésitation, il faut trancher. Hors de cette solution, point de salut. Point d’affaire ou Point d’affaires (vieilli), en aucune façon, il n’en est pas question. Point de quartier ! aucune pitié !
▪  Précédé de l’adverbe non, pour le renforcer, parfois avec une nuance d’ironie. Il est allé à ce spectacle, non point pour le voir, mais pour être vu. « S’est-il présenté ? – Non point ! »
▪  Anciennement ou dans des emplois régionaux. Nous avons point d’enfants.
▪  Prov. Point d’argent, point de Suisse, on n’obtient rien si l’on ne veut, si l’on ne peut payer. À bon vin, point d’enseigne, les produits de qualité n’ont pas besoin de publicité.
  Titre célèbre : Point de lendemain, de Vivant Denon (1777).
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