plaisir

I. PLAISIR

nom masculin
Étymologie : xie siècle. Forme substantivée de l’ancien français plaisir, « plaire », lui-même issu du latin placere, « plaire ».
↪ voir aussi : II. Plaisir (n. m.)

I.

I. Impression que fait naître ce qui plaît, agrément que l’on trouve dans l’accomplissement de quelque chose.
1.  Sensation, émotion agréable ; sentiment de contentement ou de bien-être. L’épicurisme, l’hédonisme sont des morales qui placent le bonheur dans l’usage modéré des plaisirs naturels. Ressentir, goûter un vif plaisir. Le plaisir et la douleur. Les plaisirs des sens, de l’esprit. Il n’a de plaisir à rien. Par affaiblissement. J’ai le plaisir de vous annoncer son retour.
2.  Jouissance, satisfaction du désir. Plaisirs innocents, plaisirs défendus. Les plaisirs de la chair. Le plaisir sexuel ou, absolument, le plaisir. Donner, prendre du plaisir. Un homme de plaisir, un jouisseur.
▪  Loc. Le plaisir solitaire, la masturbation. Marchande de plaisir (vieilli), prostituée.
▪  Marque de domaine : psychanalyse. Principe de plaisir, tendance chez l’enfant à rechercher ce qui peut lui procurer une satisfaction immédiate, par opposition à Principe de réalité.
3.  Loc. et expr. Prendre plaisir, avoir plaisir à. J’ai pris plaisir à cette rencontre, j’ai eu plaisir à vous rencontrer. Se faire un plaisir de. Je me ferai un plaisir de vous offrir ce livre. Vous allez me faire le plaisir de m’écouter, de sortir ! pour donner un caractère comminatoire à une demande (fam.). Prendre, éprouver un malin plaisir à quelque chose, en retirer une joie mauvaise. Pour le plaisir, par plaisir, sans autre but que l’agrément. Lire, écrire par plaisir. Avec plaisir, formule de politesse que l’on emploie pour acquiescer à une demande. Fam. et iron. Je vous souhaite bien du plaisir ! formule de mise en garde. Faire durer le plaisir, prolonger ce qui plaît ou, par antiphrase, une situation pénible ou ennuyeuse.
▪  Loc. adv. À plaisir, de manière à donner du contentement, de l’agrément. Un ouvrage travaillé à plaisir, avec grand soin. Manger à plaisir, à satiété, autant qu’on le désire. Se disait aussi de ce qui est pure invention. Ce que vous nous dites est une histoire faite à plaisir. À plaisir signifie aussi Sans raison, avec une sorte de complaisance. Il s’inquiète, se tourmente à plaisir.
▪  Expr. proverbiales. Point de plaisir sans peine. Le plaisir en passe la peine. Plaisir d’amour ne dure qu’un moment. Pop. Où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir.
  Titres célèbres : Plaisir à Corneille, de Jean Schlumberger (1936) ; Le Plaisir, film de Max Ophuls (1951).

II.

II. Ce qui cause cette impression, procure de l’agrément.
1.  Ce qui divertit, distrait agréablement. Les plaisirs de la ville, de la campagne. Les plaisirs de la conversation, de la table, du jeu. Absolument. Au pluriel. Les plaisirs, tous les divertissements qu’offre la vie. Chaque âge a ses plaisirs. Varier les plaisirs. Litt. Les jeux, les ris et les plaisirs.
▪  Loc. Partie de plaisir, fête, réjouissance où se mêlent le plus souvent jeux et bonne chère. Ce n’est pas une partie de plaisir, se dit d’une chose ennuyeuse, pénible. Vieilli. Train de plaisir, s’est dit de trains à tarif réduit spécialement mis en service à l’occasion d’une fête ou, l’été, pour desservir les lieux de villégiature.
▪  Les Menus Plaisirs, nom qu’on donnait à certaines dépenses du roi qui avaient pour objet les cérémonies, les fêtes, les spectacles de la Cour, etc. Intendant, trésorier des Menus Plaisirs ou, elliptiquement, des Menus. Par extension. Petites distractions, fantaisies diverses qui occasionnent de faibles dépenses. Disposer d’argent de poche pour ses menus plaisirs.
  Titre célèbre : Les Plaisirs et les Jours, de Marcel Proust (1896).
2.  Service ; faveur accordée à quelqu’un pour lui être agréable, l’obliger. Dans la locution Faire plaisir. Il ne demande qu’à faire plaisir.
▪  Marque de domaine : fauconnerie. Faire plaisir à un oiseau, le laisser plumer sa proie ou le laisser lui donner quelques coups de bec.

III.

III. Volonté, consentement.
Marque de domaine : histoire. Car tel est notre plaisir, notre bon plaisir, formule de chancellerie qui était apposée en France sur les édits, lettres ou autres actes administratifs paraphés de la main du roi. Loc. Régime du bon plaisir, gouvernement où tout se fait par la volonté du monarque ; fig., règne de l’arbitraire.
▪  Par extension. Dans le langage courant. Si c’est votre plaisir, votre bon plaisir !
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