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Termes, abréviations et symboles

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faire

5e édition

FAIRE.

v. a. Je fais, tu fais, il fait ; nous faisons, vous faîtes, ils font. Je faisois. Je fis. J’ai fait. Je ferai. Je ferois. Fais. Que je fasse. Que je fisse. Faisant.
■  Ce verbe est d’une si grande étendue, que pour en marquer tous les sens et tous les emplois, il faudroit faire presque autant d’articles qu’il y a de termes dans la Langue avec lesquels il se joint. On ne s’est proposé ici que de rapporter dans le meilleur ordre qu’il sera possible, les principales acceptions qu’il peut avoir, et sous chacune desquelles on peut ranger diverses phrases. Quant aux façons de parler adverbiales et figurées qu’il sert à former, on se contentera aussi d’expliquer celles dont le sens dépend uniquement du même verbe ; et pour toutes les autres, on en renvoie l’explication à chacun des mots qui servent à les former.
Faire, signifie Créer, former, produire ; et il se dit généralement De tous les ouvrages que Dieu forme et produit, de quelque manière que ce soit. Dieu a fait le Ciel et la Terre. Dieu a fait l’homme à son image et ressemblance. Dieu a fait toutes choses de rien. Il n’y a que Dieu qui puisse faire quelque chose de rien.
On le dit aussi Des causes secondes. La nature est admirable dans tout ce qu’elle fait. La nature fait quelquefois des monstres. Une femme qui fait de beaux p. 560enfans. Une cavale qui a fait un poulain. Quand une bête a fait ses petits. Les oiseaux font des œufs.
On dit proverbialement De deux personnes, de deux choses qui se ressemblent entièrement, Qui a fait l’une, a fait l’autre.
Faire, signifie aussi, Fabriquer, composer, donner une certaine forme, une certaine figure, et il se dit généralement De toutes les productions de l’art, et de certains ouvrages que l’instinct fait faire aux animaux. Faire un bâtiment. Faire des instrumens de Mathématique. Faire un triangle. Faire un ovale. Faire des outils. Faire du pain. Faire de la pâte. Faire du drap. Faire de la toile. Faire de la tapisserie. Faire un portrait. Un oiseau qui fait son nid. Une araignée qui fait sa toile.
Faire, se dit aussi dans le même sens, Des ouvrages et des productions de l’esprit. Faire un livre. Faire une histoire. Faire l’histoire d’un Pays, d’un évènement. Faire une apologie. Faire un manifeste. Faire un poëme. Faire une tragédie. Faire une comédie. Faire des vers. Faire de la prose. Un écolier qui fait son thème.
On dit d’une nouvelle fausse, que C’est une nouvelle qu’on a faite à plaisir, pour dire, que C’est une nouvelle que quelqu’un a pris plaisir à inventer.
Faire, signifie aussi, Opérer, exécuter ; et il se dit, tant Des effets que Dieu opère, que de ceux que la nature ou l’art opère par quelque agent que ce soit. Les merveilles que Dieu a faites. Dieu a fait un miracle. Les miracles que Dieu fait par les Saints. Le bruit que fait le tonnerre. L’air fait ressort. Un corps qui fait impression sur un autre. La poudre à canon fait des choses surprenantes.
Faire, dans le même sens d’Opérer, d’exécuter, se dit aussi De tout ce qui regarde le travail des mains et l’activité de l’esprit. Faire sa besogne. Il a fait plus de besogne en une heure qu’un autre en deux. Il ne fait rien toute la journée. Il est toute la journée à ne rien faire. Faire tout ce qu’on peut. Faire tous ses efforts. Faire tout son possible. Quand on fait ce qu’on peut, on n’est pas obligé à davantage. C’est un homme qui ne trouve rien de difficile à faire. Il n’a fait que ce qu’on lui a dit. Tout ce qu’il fait, il le fait bien. Il travaille bien, mais il est lent à ce qu’il fait.
On dit, C’est un homme à tout faire, pour dire, C’est un homme capable de faire tout le mal possible.
Il se dit aussi quelquefois d’Un homme capable de faire, soit en bien, soit en mal, tout ce que les circonstances exigent de lui.
On dit proverbialem. Ne faire œuvre de ses dix doigts, pour dire, Demeurer à ne rien faire ; et, Faire tous les cinq sens de nature, pour dire, Faire tout son possible.
On dit proverbialement, On ne peut faire qu’en faisant, pour dire, qu’Il y a des choses qui demandent un certain temps pour être bien faites.
On dit proverbialement, C’est un faire le faut, pour dire, C’est une chose qu’il faut absolument faire ; Je ne puis, je ne sais que faire à cela, pour dire, C’est une chose où je ne puis rien ; et, Je n’y saurois que faire, que voulez-vous que j’y fasse, etc. pour dire, Je n’y puis apporter de remède, cela ne dépend pas de moi.
Faire, signifie aussi, Pratiquer, commettre ; et il se dit De toutes les actions de morale bonnes ou mauvaises, et de toutes les fautes d’esprit et de jugement que l’on commet. Faire une bonne action. Faire une méchante action. Faire une bonne œuvre. Faire une œuvre de charité. Faire le bien. Faire le mal. Faire la charité, l’aumône. Faire un mauvais coup. Faire un meurtre. Faire un crime. Faire des actions de valeur. Faire des merveilles à la guerre. Faire une injustice. Faire injustice. Faire une faute légère. Faire une faute contre le bon sens. Faire des fautes contre la bienséance. Faire une bévue. Faire une faute de langue. Faire une faute de grammaire. Faire un barbarisme. Faire un solécisme. Faire une sottise. Faire une équipée. Faire une incartade. Faire un coup de tête. Faire des bassesses. Faire des malhonnêtetés. Que vous a-t-il fait ? Faire quelque chose de bien par hasard.
On dit, qu’Un homme a fait des siennes, pour dire, qu’Il a fait de ses actions accoutumées, de ses tours ordinaires. Et cela ne se dit qu’en mauvaise part. Vous avez fait des vôtres. Ils ont fait des leurs.
Faire, signifie aussi, Observer, mettre en pratique ; et en ce sens il se dit Des choses qui sont d’obligation et de précepte. Faire ce que Dieu ordonne. Faire la volonté de Dieu. Faire ce qui est de son devoir. Faire son devoir. Un Religieux qui fait sa règle. Faire la pénitence qui est imposée. Faire l’ordonnance du Médecin. Il n’a fait que son devoir.
Faire, dans le même sens, se dit aussi De l’exécution et de la pratique de certaines choses qu’on est obligé ou comme obligé d’accomplir, d’achever, de terminer en un certain temps. Faire la quarantaine. Un écolier qui fait son cours de Philosophie. Un garçon qui fait son apprentissage. Un apprenti qui a fait son temps. Un Religieux qui fait son noviciat. Un Officier qui fait son quartier chez le Roi. Faire une neuvaine. Je n’ai plus que deux pages à faire. Avez-vous bientôt fait ? Dès que j’aurai fait, je suis à vous.
Faire, se dit aussi en parlant Des choses qui marquent Espace et étendue, et qui s’exécutent et s’accomplissent par le mouvement d’un lieu à un autre. Faire un tour d’allée. Faire un tour de promenade. Faire une lieue à pied. Le Soleil fait son tour en un an. Un homme qui fait deux lieues par heure, qui fait tant par heure, qui fait plus de chemin en une heure qu’un autre en deux.
On dit figurément d’Un homme qui s’est fort avancé, qui s’est fort enrichi, qui a fait fortune en peu de temps, qu’Il a fait son chemin, bien du chemin en peu de temps.
On dit figurément dans le même sens : Faire bien ses affaires. Faire sa fortune. Faire fortune. Il n’a pas bien fait ses affaires dans cet emploi. S’il continue, il fera une bonne maison.
On dit proverbialement et figurément, qu’Un homme a bien fait ses orges dans une affaire, dans un emploi, pour dire, qu’Il y a fait un grand profit.
Faire, signifie aussi, Accorder, mettre dans l’état convenable à la chose dont on parle. Faire une chambre. Faire un lit. Faire la couverture. Faire le poil. Faire la barbe. Faire les cheveux. Faire le crin à des chevaux. Faire un jardin. Faire des terres. Faire les vignes, les foins.
Faire, suivi ou précédé de la préposition de, ou d’un équivalent, signifie aussi, User, disposer ; et il se dit pour marquer à quoi on peut employer une personne, l’usage qu’on peut faire de quelque chose. C’est un homme dont on fait ce qu’on veut. C’est un homme difficile à gouverner, on n’en fait pas ce qu’on veut. Faites de cela tout ce que vous jugerez à propos. Que ferez-vous de votre fils ?
On dit proverbialement, Faites-en des choux et des raves ; il en fait comme des choux de son jardin, pour dire, Faites-en ce qu’il vous plaira ; il en use comme s’il en étoit le maître absolu.
Faire, signifie aussi, Donner une certaine forme, accoutumer à certaines choses, à certaines habitudes : et en ce sens il se dit, tant de ce qui regarde le corps, que de ce qui concerne l’esprit et les mœurs. Les voyages l’ont fait à la fatigue. Il s’est fait à la fatigue dans les voyages. Il est fait au chaud et au froid. Se faire au bruit. Se faire à tout. Ce général a fait de bons Officiers. Ce Régent a fait de bons écoliers. La fréquentation du grand monde fait bien un jeune homme. Les affaires font les hommes. Cela lui a extrêmement fait l’esprit. Il s’est extrêmement fait depuis quelque temps. C’est un jeune homme qui se fera peu à peu. Se faire aux manières de quelqu’un. C’est un homme qu’il a fait à sa mode, qu’il a fait à son badinage. Mon estomac n’est pas fait à ce genre d’aliment.
On dit proverbialement, Le bon oiseau se fait de lui-même, pour dire, qu’Un naturel heureux n’attend pas l’éducation pour se porter au bien.
On dit proverbialem. Maison faite, et femme à faire, pour dire, qu’Il faut acheter une maison toute bâtie, et épouser une femme jeune qu’on puisse accoutumer à sa manière de vivre.
On dit proverbialement et figurément, Faire le bec à quelqu’un, pour dire, L’instruire de tout ce qu’il doit dire et répondre.
Faire, se dit aussi pour Marquer le besoin qu’on a d’une personne, d’une chose ; et dans ce sens il se joint toujours avec le verbe Avoir. Si vous n’avez que faire de ce livre-là, prêtez-le-moi. Ce sont des bagatelles dont je n’ai que faire. Il n’a plus que faire de maître. Il n’a plus que faire d’étudier, il en sait assez. Je n’ai que faire de vous présentement, allez où vous voudrez.
On dit aussi, qu’On n’a que faire d’une personne, d’une chose, non-seulement pour faire entendre qu’on n’en a pas besoin, qu’on ne s’en sert point, mais aussi pour marquer qu’on n’en p. 561fait nul cas. Je n’ai que faire de lui ni de ses visites.
On se sert aussi de la même manière de parler, pour faire connoître qu’on désapprouve quelque chose, qu’on le trouve mauvais. Je n’ai que faire de vos discours. Je n’ai que faire d’en avoir la tête rompue. Je n’ai que faire qu’il m’aille mettre dans ses caquets, dans ses discours.
Faire, se dit aussi dans le sens de S’occuper, d’employer le temps. Que ferez vous tantôt ? Que faites-vous aujourd’hui ? Je n’ai rien à faire. Que fait-il maintenant à la campagne ? Je suis en peine de ce qu’il peut faire tout le long du jour. Quand on veut marquer qu’un homme est presque toujours appliqué à une même chose, comme à l’étude, au jeu, etc. on dit, qu’Il ne fait qu’étudier, qu’il ne fait que jouer.
On dit aussi, Ne faire qu’aller et venir, ne faire que dormir, etc. pour dire, Être dans un mouvement continuel, dormir sans cesse.
Ne faire qu’aller et revenir, se dit aussi, pour dire, Aller et retourner aussitôt sur ses pas, sans perdre de temps. Attendez-moi, je ne fais qu’aller et revenir.
On dit d’Une jeune personne qui augmente tous les jours en taille et en beauté, qu’Elle ne fait que croître et embellir.
Et on dit, qu’Un homme ne fait que de sortir, ne fait que d’arriver, pour dire, qu’Il y a très-peu de temps qu’il est sorti, qu’il est arrivé.
Faire, se dit aussi De certaines fonctions de Guerre auxquelles on est actuellement occupé. Faire sentinelle. Faire la garde. Faire guet et garde. Faire le guet. Faire la revue d’une armée. Faire la ronde. Faire le quart.
Faire, se dit aussi Des différentes professions qu’on embrasse, et des différens emplois, des différens métiers qu’on exerce. Faire profession des armes. Faire la profession d’Avocat. Faire profession de la Médecine. Faire la Médecine. Faire sa charge avec dignité. Faire un métier. Faire la cuisine. Faire l’office. Il ne sait pas faire son métier.
Faire profession, et faire métier, se disent encore dans d’autres sens propres et figurés qui se verront aux mots de Métier et de Profession.
Faire, signifie aussi, Représenter ; et il se dit Des différens personnages que les Comédiens représentent sur le théâtre. Faire un personnage dans une Comédie. C’est un bon Acteur, il fait bien son personnage. Faire les Rois, les Amoureux. Cet Acteur fait le Roi, fait l’Amoureux dans une telle pièce. Il a fait Cinna. Elle a fait Hermione. Et parce que les hommes qui veulent paroître ce qu’ils ne sont pas, sont des espèces de Comédiens qui représentent un personnage, on dit d’Un homme qui veut paroître grand Seigneur, affligé, ou dévot, et qui ne l’est pas, qu’Il fait le grand Seigneur, qu’il fait l’affligé, qu’il fait le dévot.
On dit, en parlant De la Messe, Faire Diacre, faire Sous-Diacre, pour dire, Faire les fonctions de Diacre, de Sous-Diacre.
On dit aussi, Faire les Rois, la Saint Martin, la Cène, pour dire, Célébrer ces solennités.
Dans ce sens et dans celui de Feindre, Faire se construit avec quantité d’autres substantifs et avec plusieurs adjectifs employés substantivement. Faire l’homme de bien. Faire l’homme d’importance. Faire le bon compagnon. Faire le chien couchant. Un renard qui fait le mort. Faire le savant. Faire l’habile. Faire le capable. Faire l’entendu. Faire le suffisant. Faire le fin. Faire le beau. Faire le malade.
On dit proverbialement, Faire bonne mine à mauvais jeu, pour dire, Faire semblant d’être content quand on n’a pas lieu de l’être.
On dit, Faire semblant de… faire mine de… pour dire, Feindre de… Il faisoit semblant de n’en rien savoir. Il ne faisoit semblant de rien. Les ennemis faisoient mine d’en vouloir à une Place.
On dit aussi proverbialement, Faire contre fortune bon cœur, pour dire, Montrer du courage dans l’adversité.
Quand les substantifs ou adjectifs employés substantivement, avec lesquels Faire se construit, marquent quelque mauvaise qualité morale, comme, Impertinent, Fanfaron, etc. alors il ne signifie plus simplement, Représenter à dessein de paroître, mais, Agir de la même sorte que… Il fait l’impertinent. Il fait le fanfaron. Il fait le diable à quatre. Un petit garçon qui fait le mutin, qui fait le badin.
Faire, signifie aussi, Former, composer de manière que les parties servent à former, à composer un tout, et que diverses choses, diverses quantités servent à en former, à en composer une. Deux et deux font quatre. Toutes ces sommes-là ensemble font celle de tant. Tout cela fait nombre. Deux lignes qui se coupent font un angle. Ces forêts, ces ruisseaux, ces montagnes, tout cela ensemble fait un beau Pays. Toutes ces qualités-là font un grand homme. Les troupes qui faisoient l’aile droite de l’armée. Faire société.
Faire, signifie aussi, Rendre de telle ou telle qualité. Faire un homme bienheureux. Cela le fera bien aise. Cela l’a fait beaucoup plus malade qu’il n’étoit. Se faire sage aux dépens d’autrui. Ce Peintre, dans son tableau, a fait tout égal dans ce terrain, ou a fait tout uni. Il s’est fait riche en peu de temps.
On dit proverbialement : L’occasion fait le larron. Faire d’une buse un épervier. Faire d’une mouche un éléphant. Faire de cent sous quatre livres, et de quatre livres rien. Faire maison nette.
Faire, se dit avec le pronom personnel, pour dire, Embrasser un état, une profession. Se faire Religieux. Se faire Médecin. Se faire Avocat.
Faire, signifie aussi, Publier, répandre dans le public qu’une chose est, en donner une certaine opinion. On le faisoit mort, mais il se porte bien. On le fait riche, mais il ne l’est pas. On lui fait dire des choses auxquelles il n’a jamais pensé. On avoit raison de la faire belle, car elle l’est. On fait monter la perte des ennemis à tant. Il y a quelques relations qui font la perte moindre. Il se fait beaucoup plus malade qu’il ne l’est.
On dit, Faire savoir, pour dire, Apprendre. Faites-moi savoir de vos nouvelles ; et, Faire à savoir, terme de formule ; pour dire, Publier. On fait à savoir que…
Faire, signifie aussi, Causer, attirer, exciter, être la cause, être l’occasion de quelque chose. Cela lui a fait de grands maux, de grandes douleurs. Cela lui a fait une affaire dans le monde, lui a fait un procès, lui a fait une querelle, lui a fait beaucoup d’ennemis. Il ne faut faire de peine, de la peine à personne. Sa langue lui a fait de méchantes affaires. Ce qu’on a dit de lui, lui a fait tort. Il s’est fait tort, il s’est fait préjudice à lui-même. Une femme qui a fait de grandes passions. Faire peur. Faire honte. Faire pitié. Faire envie. Faire plaisir. Faire déplaisir. Faire du chagrin. Cette affaire-là fait grand bruit.
Faire, se joint aussi dans un sens à peu près pareil avec la plupart des verbes infinitifs ; et il se dit De tout ce qui est la cause prochaine ou éloignée de quelque chose, de tout ce qui donne lieu, de tout ce qui donne occasion à une chose, à une action. Un remède qui fait suer. L’opium fait dormir. Cela l’a fait durer un peu plus long-temps. C’est ce qui le fait vivre. Les remèdes l’ont fait mourir. On lui a fait souffrir de grands maux. Faire agir des personnes puissantes. Faire dire à quelqu’un. Faire bâtir. Se faire peindre. Sa Partie l’a fait condamner aux dépens. Son insolence l’a fait disgracier. Faire marcher des troupes. Faire battre monnoie. Se faire aimer. Se faire haïr. Se faire dire une chose deux fois.
On dit de même, Faire faire un meuble, se faire faire un habit, etc.
Faire, signifie aussi, Pousser au-dehors, laisser aller, laisser écouler. Faire de l’eau, pour dire, Pisser. Il est populaire. Faire du sable, faire une pierre, pour dire, Jeter du sable, jeter une pierre avec l’urine.
On dit d’Un malade qui laisse aller ses excrémens, qu’Il fait tout sous lui.
On dit aussi d’Un bateau et d’un vaisseau, qu’Ils font eau, pour dire, que L’eau y entre au travers du bois, ou par les fentes et les jointures.
Faire, en parlant d’Argent ou des autres choses dont on a besoin de se pourvoir, signifie, Amasser, assembler, mettre ensemble. Il tâche de vous faire quelque argent. Voilà tout l’argent qu’il a pu faire, tout ce qu’il a pu faire d’argent. Faire des provisions. Faire ses provisions.
En ce même sens on dit, en termes de Marine, Faire du bois, faire de l’eau, faire aiguade.
Le mot Faire est appliqué à beaucoup d’usages dans la Marine ; comme, Faire le nord, le sud, pour, Naviguer au nord, au sud ; Faire canal, se dit principalement Des galères, lorsqu’elles s’éloignent assez de la terre, pour la perdre de vue ; Faire vent arrière, pour, Prendre vent en poupe ; Faire pavillon, pour, Arborer un pavillon quelconque, suivant les circonstances.
p. 562On dit, J’ai fait tout Paris, pour dire, J’ai couru tout Paris ; et J’ai fait tous les Marchands, pour dire, J’ai été chez tous les Marchands.
On se sert du mot Faire, en parlant Des déclinaisons et des conjugaisons, Ainsi on dit : Cheval fait au pluriel Chevaux ; Aimer fait au futur J’aimerai.
Faire, s’emploie aussi pour, Suppléer, remplacer quelqu’un. Je ferai pour lui, c’est-à-dire, Je tiendrai sa place, ou, dans un autre sens, Je serai son commissionnaire, son agent, sa caution. Faire bon pour quelqu’un, c’est Être sa caution. Faire les deniers bons, signifie, S’engager à suppléer de son argent ce qui manque à une somme promise.
Faire, en termes de Peinture, signifie quelquefois simplement, Peindre. Faire l’histoire, faire le portrait, faire les animaux, c’est Peindre l’histoire, le portrait, les animaux.
Faire, en parlant Des troupes et d’autres choses de même nature, signifie, Lever, mettre sur pied. Faire des hommes. Faire un Régiment. Faire une Compagnie. Faire des recrues. Faire des Cavaliers. Faire des Dragons. Faire de beaux hommes. Faire la maison d’un Prince, d’un grand Seigneur. Ce Prince n’a pas encore fait sa maison. Cet Ambassadeur n’a pas encore fait son équipage.
Faire, en parlant De marchandises ou d’autres choses que l’on veut vendre, s’emploie pour marquer le prix qu’on en demande. Combien faites-vous cette étoffe-là ? Vous là faites trop cher. C’est une maison qu’on fait cinquante mille écus. Il a un beau cheval qu’il fait cent pistoles.
Outre les différentes significations et les différens emplois que l’on vient de marquer du verbe Faire, il a encore d’autres significations et d’autres emplois, suivant les mots avec lesquels il se construit.
Il se joint à divers substantifs avec lesquels il forme des phrases, que l’on peut résoudre par les verbes primitifs ou dérivés, qui répondent à chacun de ces substantifs. Ainsi, Faire don, se résout par Donner ; Faire offre, par Offrir ; Faire honneur, par Honorer, Faire des caresses, par Caresser ; Faire service, par Servir ; Faire commandement, par Commander ; Faire défense, par Défendre ; Faire des plaintes, par Se plaindre ; Faire une grâce, par Gratifier ; Faire gloire, par Se glorifier ; Faire séjour, par Séjourner ; Faire des allées et des venues, par Aller et venir. Et ainsi d’une infinité d’autres, dont on se contentera de donner ici encore quelques exemples. Faire vendange. Faire la moisson. Faire chemin. Faire achat. Faire dépense. Faire des réprimandes. Faire une résolution. Faire un projet. Faire la quête. Faire accueil. Faire la grimace. Faire parade. Faire estime. Faire lecture, etc.
Il se joint aussi avec divers autres substantifs, sans que les phrases qu’il sert à former puissent se rendre par un verbe qui y réponde. On en rapportera ici quelques unes, sans les expliquer, parce que l’explication, comme il a déjà été dit, s’en verra suffisamment à chacun des mots dont elles sont composées. Faire bon. Faire cas. Faire loi. Faire la loi. Faire grâce. Faire les cartes. Faire une levée. Faire une main. Faire sa main. Faire la vie. Faire la débauche. Faire bonne chère. Faire florès. Faire gras. Faire maigre. Faire diète. Faire la méridienne. Faire l’aumône. Faire ses dévotions. Faire ses Pâques. Faire face. Faire place. Se faire jour. Faire la planche à quelqu’un, ou simplem. Faire la planche. Faire planche. Faire l’amour. Faire sa cour. Faire divorce. Faire un procès à quelqu’un. Faire le procès à quelqu’un, lui faire son procès. Faire quartier. Faire des excuses. Faire des civilités. Faire bon visage à quelqu’un. Faire la pluie et le beau temps. Faire son ménage. Une affaire qui fait grand bruit, dont on a fait grand bruit. Si cela vous accommode, ne vous en faites point faute. Faire des armes. Se faire de fête. Faire fête. Faire fortune. Faire rage. Faire ferme. Faire tête à quelqu’un. Faire faillite. Faire banqueroute. Faire diligence. Faire emplette. Faire fonds. Se faire fort pour quelqu’un. Se faire fort de quelque chose.
Faire, s’emploie d’une manière relative, avec la plupart des autres verbes ; et alors il prend toujours la qualité et la signification du verbe qui l’a précédé, et auquel il se rapporte. Ainsi on dit, qu’Un homme n’aime pas tant le jeu qu’il faisoit, pour dire, qu’Il ne l’aime plus tant qu’il l’aimoit ; qu’Il danse mieux qu’il n’a jamais fait, pour dire, qu’Il danse mieux qu’il n’a jamais dansé ; qu’Il se soucie moins d’honneurs, de richesses, etc. qu’il n’auroit fait dans un autre temps, pour dire, qu’Il s’en soucie moins qu’il ne s’en seroit soucié autrefois. Comme ces sortes de phrases sont ordinaires, on croit qu’il suffit d’en avoir marqué ici des exemples dans chaque sorte de verbe, actif, neutre, etc.
Faire, se dit absolument en parlant Des jeux de cartes, où chacun donne les cartes à son tour ; et de certains autres jeux ; où chacun tour-à-tour est obligé de faire quelque chose. À qui est-ce à faire ? C’est à vous à faire. Je viens de faire.
Faire, s’emploie d’une manière neutre, dans le sens d’Agir, de travailler. Faire bien. Faire mal. Il a fait en cela comme vous auriez fait. Il a fait de son mieux, tout de son mieux. Il n’en veut faire qu’à sa tête. Il fait du pis qu’il peut. Faire à qui mieux mieux. Je lui ferai comme il me fera. Il a tant fait, il a si bien fait, qu’il en est venu à bout.
On dit proverbialement, Comme il te fait, fais-lui, pour dire, Rends-lui la pareille.
On dit proverbialem. qu’Un homme a dû savoir faire, pour dire, qu’Il a de l’habileté, et une grande pratique du monde et des affaires.
On dit, Il y a fort à faire dans un ouvrage, dans une entreprise, pour dire, qu’Il y a beaucoup à travailler, qu’on n’en viendra pas aisément à bout.
On dit, C’est à faire à perdre, c’est à faire à être mouillé, pour dire, Tout ce que je risque, c’est de perdre, c’est d’être mouillé. Il vieillit.
On dit familièrement d’Un homme avec qui on a rompu, et avec qui on ne veut plus avoir de commerce, Il a fait à moi, il a fait avec moi.
On dit familièrem. C’est à faire à lui, pour dire, Il est très-capable de bien faire la chose qu’il a faite.
Faire, s’emploie aussi pour, Servir, contribuer. En ce sens on dit d’Une raison, d’une preuve qui fortifie, qui confirme ce qu Un homme a déjà avancé, qu’Elle fait pour lui ; et au contraire, qu’Elle fait contre lui, pour dire, qu’Elle lui est désavantageuse. Ce que vous dites-là fait pour moi. Ce qui fait encore pour lui, c’est que .... Vous dites une chose qui feroit contre vous. Cela fait à ma cause. Cela ne fait rien à l’affaire.
On dit, Qu’est-ce que cela fait là ? pour dire, A quoi cela sert-il dans ce lieu-là ?
On dit aussi, Qu’est-ce que cela fait à la chose ? pour dire, Quel rapport cela a t-il à la chose dont il s’agit ?
Faire, se dit aussi au neutre, pour signifier, Être convenable, être bienséant. Ces deux choses font fort bien ensemble. L’or fait bien avec le vert. Le bleu et le jaune font bien l’un avec l’autre. Ce tableau là ne fait pas bien où il est. Il feroit mieux ailleurs. Cet habit lui fait bien, lui fait mal.
Faire, s’emploie impersonnellement dans le neutre, pour marquer la constitution du temps, de l’air. Ainsi on dit, qu’Il fait nuit, qu’il fait jour, qu’il fait chaud, qu’il fait froid, pour dire, qu’Il est nuit, qu’il est jour, que le temps est chaud, que le temps est froid, etc. Il fait du vent. Il a fait tantôt un grand coup de vent, un grand coup de tonnerre. Il ne fait pas encore jour. Il fait beau. Il fait beau temps.
Il s’emploie aussi impersonnellement, pour marquer la nature, l’état, la disposition, les qualités de certaines choses. Il fait cher vivre en ce Pays-là. Il y fait bon vivre. Il y fait bon. Il n’y fait pas sûr. Il vous fait beau voir être vêtu comme vous êtes à votre âge. C’est une cérémonie qu’il fera beau voir.
Faire, s’emploie avec le pronom personnel ; et alors il signifie, Être praticable, être produit, formé, exécuté ; arriver, venir à être. Si c’est une chose qui se puisse faire, je vous en aurai obligation. Si cela se peut faire, j’en serai ravi. Ces choses-là ne se font pas aisément. Cela ne se fait qu’avec de grandes dépenses. Rien ne se fait que par la permission de Dieu. Les miracles qui se sont faits en divers temps. Ce traité là s’est fait secrètement. On croit que le mariage se fera bientôt. Si la paix se fait.
On dit proverbialement, Paris ne s’est pas fait en un jour, pour marquer, qu’Il y a des choses qu’on ne peut faire qu’avec beaucoup de temps.
Il signifie aussi avec le pronom personnel, Devenir. Des arbres qui commencent à se faire beaux. Un enfant qui se fait grand. Il s’est fait grand en très-peu de temps. Un homme qui se fait vieux. Il me paroît que tu te fais vieux. p. 563Nous nous faisons vieux sans nous en apercevoir. Il est familier.
Il signifie encore, Se bonifier avec le temps, se perfectionner. Il se dit au physique et au moral. Ce vin, ce fromage se fera. Ces jeunes Magistrats se feront par l’usage.
Enfin, Se faire, signifie encore S’habituer. Je ne saurois me faire à votre absence.
Faire, s’emploie aussi impersonnellement avec le pronom se ; et alors il se résout par les verbes Être, Arriver. Ainsi on dit : Il se fait bien des choses dont on ne peut pas rendre raison. Se peut-il faire que vous n’en sachiez rien ? pour dire, Est-il possible que ?.... Il se pourroit faire que, pour dire, Il pourroit être que, il pourroit arriver que…
On dit aussi impersonnellement, Il se fait tard, il se fait nuit, pour dire, Le jour commence à manquer, à baisser ; la nuit commence à venir.
Faire, se prend aussi substantivement dans la Peinture, Sculpture et Gravure, pour dire, Manière de peindre, de sculpter, de graver. Ce tableau est d’un beau faire.
On dit aussi, Dieu opère en nous le vouloir et le faire, pour dire, qu’Il est le maître de nos volontés et de nos actions.
Fait, aite. participe.
On dit proverbialement, Aussitôt dit, aussitôt fait, pour dire, que L’exécution suit de près la parole, la promesse, l’ordre ; et, Cela vaut fait, pour dire, qu’On peut compter sur la chose comme si elle étoit déjà faite.
On dit dans le même sens : Tenez cela pour fait. Je tiens cela pour fait.
On dit communément, Est-ce fait ? pour demander, Si une besogne, si une affaire est achevée ; et C’est fait, pour marquer qu’Elle est faite.
On dit aussi, C’est fait de moi, c’est fait de nous, pour dire. Je suis perdu, nous sommes perdus. Et on dit C’en est fait, Quand on parle d’une affaire qui vient d’être conclue, d’être terminée, ou d’une personne qui vient de mourir. Il a conclu son marché, c’en est fait. Il a perdu son procès, c’en est fait. Il vient d’expirer, c’en est fait
On dit aussi proverbialement, Ce qui est fait n’est plus à faire, pour donner à entendre, que Quand on peut faire une chose, il ne faut pas différer à un autre temps.
On dit d’Un homme qui est dans un âge mûr, que C’est un homme fait ; et d’Un jeune garçon qui commence à devenir grand, à devenir sage, que C’est déjà un homme fait.
On dit d’Un homme plus mal vêtu, plus négligé qu’à l’ordinaire, ou qui n’a pas si bon visage qu’il a accoutumé d’avoir, Comme le voilà fait ! et proverbialement d’Un homme mal vêtu et de mauvais air, qu’Il est fait comme il plaît à Dieu.
On dit, qu’Un homme est bien fait, qu’il est fait à plaisir, qu’il est fait à peindre, qu’il est mal fait, pour dire, qu’Il est beau, de belle taille et de bonne mine, ou qu’il est laid, mal formé. Un homme bien fait et de bon air. Un grand homme mal fait. Un petit homme mal fait et mal bâti. Une femme bien faite. Une fille bien faite.
On dit figurement, Avoir la tête mal faite, pour dire, Être bizarre, déraisonnable, sans jugement. Et en parlant d’Une chose dont un homme tire vanité, et qui ne lui est de nul avantage, on dit proverbialement et par ironie, que Cela lui rend la jambe bien faite.
On dit, qu’Un fromage est fait, n’est pas fait, pour dire, qu’Il est temps ou qu’il n’est pas temps de le manger ; et qu’Un mot est fait, ou n’est pas fait, pour dire, qu’Il est autorisé ou n’est pas autorisé par l’usage.
On dit aussi, Fait à, pour dire, Habitué à. Quand vous serez fait à ces nouvelles formes.
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