couper

5e édition

COUPER.

v. a.
■  Trancher, séparer, diviser un corps continu, avec quelque chose de tranchant. Couper en deux. Couper en morceaux. Couper par pièces. Couper du pain. Couper de la viande. Il s’est coupé jusqu’à l’os. On lui a coupé un bras, une jambe. Couper le cou. Couper la tête à quelqu’un. Couper le nez, les oreilles. Couper le poing. Couper les blés. Couper les bois. On coupe ce bois de neuf ans en neuf ans. Couper les cheveux, les ailes. Cette étoffe a été coupée à la pièce.
Il est aussi neutre, Voilà un couteau, un rasoir qui coupe bien.
Couper, signifie quelquefois, Tailler suivant les règles de l’art. Il entend bien à couper les pierres. Couper un habit, un manteau. Couper une robe.
On dit, Couper la bourse à quelqu’un, pour dire, Lui voler adroitement sa bourse, ou les autres choses qu’il avoit sur lui.
On dit figurément, Couper la bourse à quelqu’un, pour dire, Tirer de l’argent d’une personne qui n’a pas beaucoup d’envie d’en donner. Il s’est laissé couper la bourse pour avoir la paix. Il s’est laissé couper la bourse pour se délivrer des importunités de cette personne. Il est familier.
On dit, Couper la gorge, pour dire, Tuer, massacrer. Les voleurs lui coupèrent la gorge. Ce Valet coupa la gorge à son Maître dans son lit. Il coupoit la gorge aux passans, à ses hôtes. Ces Troupes entrèrent dans la Ville, et coupèrent la gorge à toute la garnison.
On dit dans le même sens, mais familièrement, Couper le sifflet.
On dit, que Des soldats se coupent la gorge l’un à l’autre, pour dire, qu’Ils s’entretuent. Si vous n’allez apaiser la querelle, ils se couperont la gorge.
On dit aussi, Se couper la gorge avec quelqu’un, pour dire, Se battre en duel avec lui. Je veux me couper la gorge avec mon ennemi.
On dit figurément, Couper la gorge à quelqu’un, pour dire, Faire quelque chose qui le perd. Si vous ne payez ce pauvre homme, si vous le mettez en prison, vous lui coupez la gorge. Ce procès, cette mauvaise affaire lui a coupé la gorge, à lui et à ses enfans.
On dit figurément et familièrement d’Une raison, d’une pièce qui détruit les prétentions de quelqu’un, qu’Elle lui coupe la gorge. On dit dans le même sens, Vous vous coupez la gorge par cette pièce, par cette raison.
On dit en menaçant quelqu’un, qu’On lui coupera bras et jambes, qu’on lui coupera les jarrets, les oreilles, le nez.
On dit figurément, qu’On a coupé bras et jambes à quelqu’un, pour dire, p. 331qu’On lui a fait une injustice énorme, criante, etc.
On dit aussi : Il fait un vent de bise qui coupe le visage. Ses lèvres sont toutes coupées du froid.
Couper, signifie quelquefois Traverser, diviser. Une chaîne de montagnes coupe toute cette Province. Il y a quantité de canaux, de haies qui coupent ce pays-là.
On dit, Couper l’eau, pour dire, Fendre l’eau en nageant.
Couper dans le vif, se dit Des Chirurgiens qui, en faisant leurs opérations, coupent jusque dans la chair vive. Il faut couper dans le vif.
Couper dans le vif, se dit aussi au figuré, pour dire, Toucher à ce qui est le plus sensible. Il a coupé dans le vif.
On dit en termes d’Escrime, Couper la mesure, pour dire, Dégager la mesure.
On dit, Couper du vin, pour dire, Mêler deux ou plusieurs vins ensemble ; Couper son vin, pour dire, Le mêler avec de l’eau.
On dit, Couper chemin à quelqu’un, pour dire, Se mettre au devant de lui sur son chemin, pour l’empêcher de passer.
On dit figurément, Couper chemin à un mal, pour dire, En arrêter le cours, empêcher qu’il ne continue. Il faut couper chemin à cette fièvre, à cette hérésie, à ce procès. Il faut couper le mal dans sa racine. Il faut couper court à cette intrigue.
On dit aussi absolument, dans le même sens, Couper quelqu’un, pour dire, Le traverser, le passer, le devancer. Nous marchons, et son carrosse nous coupa.
On dit figurément et proverbialement, Couper l’herbe sous le pied à quelqu’un, pour dire, Le supplanter avec adresse.
On dit aussi en ce sens, Couper pied : Il faut couper pied à cet abus, pour dire, En arrêter le cours.
On dit, Couper par le plus court, par le plus court chemin, par ce sentier, pour dire, Aller par le chemin le plus court, etc.
On dit, Couper les vivres à une armée, à une Ville assiégée, pour dire, Fermer les avenues, pour empêcher qu’on ne lui porte des vivres.
On dit figurément, Couper les vivres à quelqu’un, pour signifier, Lui retrancher l’argent, les moyens de subsister, etc.
On dit, Couper les eaux à une Place assiégée, pour signifier, qu’On coupe les canaux, les conduits des fontaines qui portent de l’eau à la Ville.
On dit en termes de Guerre, Couper les ennemis, pour dire, Se mettre entre une partie de leur armée et une autre partie, ou entre leur armée et la Place qu’ils couvroient. Les assiégés ayant fait une sortie, furent coupés par les nôtres. Leur avant-garde ayant passé la rivière, passé un tel défilé, nos gens la coupèrent.
On dit aussi dans le même sens, Couper la communication d’une Ville, d’un quartier, pour dire, Se porter de manière qu’on ne puisse y envoyer du secours
On dit, Couper le feu, couper un incendie, pour dire, En arrêter la communication d’une maison à une autre ; Couper les sons, en Musique, pour dire, Marquer un silence entre chaque son dans les expressions de douleur, d’abattement ou d’admiration.
On dit figurément et familièrement, Couper court, pour dire, Abréger un discours, faire une réponse en peu de mots. Je lui coupai court. Monsieur, point tant de discours, coupez court.
On dit aussi, Couper la parole à quelqu’un, pour dire, L’interrompre en prenant la parole, ou lui imposer silence.
On dit à la Paume, Couper un coup, pour dire, Pousser la balle de manière qu’elle ne fasse point de bond.
Couper, en termes de Chasse, se dit Des chiens qui abandonnent la voie pour devancer la bête ; ce qui est un défaut.
Couper, à la Danse, C’est faire une certaine manière de pas. Coupez, coulez, etc.
On dit aussi, Couper, au jeu des Cartes, pour dire, Séparer un jeu de cartes en deux, avant que celui qui a la main, donne, J’ai battu les cartes, coupez, coupez net. Il n’est pas permis de ne couper qu’une carte.
On dit, Couper un cheval, pour dire, Le châtrer.
On dit, que Les sanglots, les soupirs coupent la voix, pour dire, qu’Ils font perdre la parole.
On dit, qu’Un homme se coupe, pour dire, qu’Il se contredit et se dément lui-même dans ses discours. Il s’est coupé dans son interrogatoire, dans ses réponses. On se coupe aisément quand on ne dit pas la vérité.
On dit, qu’Un cheval se coupe, Quand il s’entre-taille des pieds de devant, ou des pieds de derrière.
On dit, que Deux lignes, deux chemins se coupent, Pour dire, qu’Ils se croisent, qu’ils se traversent.
Couper, se dit aussi au jeu du Lansquenet, pour dire, Prendre carte et se mettre au nombre des joueurs. Il coupoit, il ne coupoit pas.
Coupé, ée. participe.
On appelle Pays coupé, Un Pays qui est traversé de fossés, de canaux, et de rivières.
Style coupé, est Un style dont les périodes sont courtes et peu liées.
On dit d’Une Stance, qu’Elle est bien ou mal coupée, selon que les repos y sont bien ou mal observés.
On appelle Lait coupé, Du lait mêlé avec de l’eau.
On dit, Carrosse coupé, pour, Un carrosse qui n’a qu’un fond sur le derrière ; Un cheval coupé, pour, Un cheval hongre ou châtré.
On dit, en termes de Blason, Coupé, parti, tranché, etc.
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