sourd, sourde

SOURD, SOURDE

adjectif
Étymologie : xie siècle. Issu du latin surdus, « qui n’entend pas, sourd ; qui ne veut pas entendre, insensible ».
1.  Qui est privé, totalement ou partiellement, du sens de l’ouïe. Il est sourd de naissance, il est né sourd. Elle est devenue sourde à la suite d’une explosion. Cette maladie l’a rendu sourd d’une oreille. Parlez plus fort, il est un peu sourd. Ne criez pas, je ne suis pas sourde. Sourd-muet, voir ce mot. Par métonymie. Une oreille sourde.
▪ Subst. Un sourd, une sourde, une personne totalement privée du sens de l’ouïe. Les sourds et les malentendants.
▪ Loc. et expr. fam. Être sourd comme un pot, ne rien entendre du tout. Mieux vaut entendre cela que d’être sourd ! voir Entendre. Faire la sourde oreille, faire semblant de ne pas entendre ce qui est dit, n’en tenir aucun compte (on dit, dans le même sens, Faire le sourd). Crier, taper comme un sourd, très fort, en faisant beaucoup de bruit. Cela n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd, se dit pour indiquer qu’on saura tirer parti de ce que l’on vient d’apprendre. Fig. Un dialogue de sourds, voir Dialogue.
▪ Prov. Il n’est pire sourd qui ne veut entendre, que celui qui ne veut pas entendre, se dit en parlant de quelqu’un qui feint de ne pas entendre ou de ne pas comprendre.
▪ Fig. Qui est insensible à toute demande, remarque, argumentation. Être sourd à une proposition, à un conseil. Ils sont restés sourds à sa supplique, à ses menaces, à ses reproches.
2.  Se dit d’un son étouffé, qu’on entend mal et, par métonymie, de la source qui le produit ou du lieu dans lequel il se diffuse. Un bruit sourd. On entendait des murmures, des gémissements sourds. Une voix sourde. Une cloche sourde. Une lime sourde, qui lime sans bruit. Spécialement. Marque de domaine : phonétique. Une consonne sourde ou, subst., une sourde, une consonne dont l’articulation ne s’accompagne pas d’une vibration des cordes vocales, par opposition à une consonne sonore ou voisée. « P » et « f » sont des sourdes. La consonne sourde « t » correspond à la consonne sonore « d ». – Marque de domaine : acoustique. Chambre sourde, local dont les parois absorbent les sons et où l’on effectue des expériences acoustiques.
▪ Par analogie. Se dit d’une teinte mate ou d’une lumière peu soutenue. Les tons sourds d’un tableau. Un gris, un bleu sourd. On distinguait des lueurs sourdes à l’horizon. Par métonymie. Lanterne sourde, dont on peut masquer la lumière au moyen d’un volet, de sorte que celui qui la porte voie sans être vu.
▪ Par extension. Se dit d’une sensation, d’un sentiment que l’on éprouve de manière vague, diffuse. Une douleur sourde et lancinante. Une inquiétude sourde, une rancune sourde.
▪ Fig. Se dit, en mauvaise part, d’une action qui s’accomplit secrètement, sans bruit, sans éclat. Ses sourdes menées ont été déjouées. Une guerre sourde.
 Titre célèbre : La Lanterne sourde, de Jules Renard (1893).
Vous pouvez cliquer sur n’importe quel mot pour naviguer dans le dictionnaire.