remonter

REMONTER

conjugaison verbe intransitif et transitif
Étymologie : xiie siècle. Dérivé de monter.

I.

I. Verbe intransitif. Conjugaison : (se conjugue le plus souvent avec l’auxiliaire Être).
1.  En parlant d’êtres animés. Monter de nouveau en un lieu, reprendre place dans un véhicule ou sur une monture dont on était descendu ; rejoindre un point, un niveau dont on était descendu. Il est remonté dans sa chambre chercher un manteau. Remonter dans sa voiture, à bord d’un navire. Remonter à bicyclette. Remonter sur son cheval. Les plongeurs remontent par paliers vers la surface, à la surface.
▪  Par analogie. S’avancer de nouveau vers une position que l’on avait quittée. Les soldats remontent au front, en première ligne. Ce coureur est remonté en tête du peloton. Fam. Se dit d’un déplacement du sud vers le nord, le nord figurant habituellement en haut des cartes. Nous sommes descendus dans le Midi avant de remonter en Bourgogne.
▪  Loc. Remonter sur le trône, en parlant d’un monarque, restaurer son autorité. En revenant de l’île d’Elbe, Napoléon est remonté sur le trône. Remonter sur scène, sur les planches, reprendre son métier d’acteur. Fig. et vieilli. Remonter sur sa bête, regagner ce qu’on avait perdu, retrouver un emploi, un avantage ou reprendre de l’assurance, de la confiance.
▪  Fig. Progresser dans une hiérarchie pour retrouver la place qu’on y occupait auparavant ou gagner une position plus favorable. Remonter dans un classement, au classement. Cette équipe est remontée en première division. Ce candidat ne remonte pas dans les sondages. Il est remonté dans mon estime.
2.  En parlant de choses. Regagner tout ou partie de la hauteur perdue. L’avion est remonté ou a remonté après avoir perdu de l’altitude. L’eau, le fleuve remonte. Il a fait remonter l’ascenseur. Le mercure remonte et, par métonymie, le baromètre remonte, se dit lorsque la pression atmosphérique augmente, entraînant une élévation de la colonne de mercure. La marée remonte. Par analogie. Le chemin remonte en lacets vers le plateau.
▪  Par extension. Regagner de l’intensité, de la valeur ; revenir à un niveau supérieur. La fièvre remonte. Les cours de cette denrée, de cette action ont remonté en flèche. Les notes de cet élève ont bien remonté, sont bien remontées ce trimestre. Expr. fig. et fam. Sa cote, ses actions remontent, se dit d’une personne qui retrouve sa popularité, son crédit.
▪  S’emploie aussi comme augmentatif de Monter, en parlant de ce qui va du bas vers le haut, de ce qui s’élève sans qu’il y ait eu de descente préalable. Des impuretés remontent à la surface du métal en fusion. L’eau, grâce à la pression, remonte dans les canalisations.
3.  Aller dans la direction contraire à celle du courant, en direction de la source. Le mascaret de la Seine remonte jusqu’à Rouen. Poét. Pour parler de ce qui ne peut arriver. Les fleuves remonteront vers leur source avant que…
▪  Fig. Revenir par le raisonnement vers l’origine de quelque chose. Remonter aux principes d’un phénomène. Remonter de l’effet à la cause.
▪  Dans un sens temporel. Remonter dans le passé, dans ses souvenirs. Sans remonter plus loin que le début du siècle. Par extension. Dater, venir de telle ou telle époque. Notre rencontre remonte à quelques années. L’arbre généalogique de cette maison remonte aux Croisades. Ce mot remonte au latin. Loc. Remonter au déluge, voir Déluge.
4.  Spécialement. Marque de domaine : marine. Remonter au vent, dans le vent, se rapprocher du lit du vent. Remonter au plus près du vent (en ce sens, on dit aussi Serrer le vent). Les vents remontent, se dit dans l’hémisphère Nord lorsqu’ils tournent du sud vers le nord dans le sens des aiguilles d’une montre. – Marque de domaine : horticulture. Fleurir ou fructifier une nouvelle fois, en parlant de plantes qui ont déjà donné des fleurs ou des fruits dans l’année.

II.

II. Verbe transitif. Conjugaison : (se conjugue toujours avec l’auxiliaire Avoir).
1.  Monter de nouveau, gravir ce que l’on a descendu ; suivre une voie, un parcours qui s’élèvent. Il a dû remonter l’escalier plusieurs fois. Ils ont remonté l’avenue, ils l’ont parcourue dans le sens où elle s’élève. Expr. fig. Remonter la pente, rétablir une situation compromise, se ressaisir après une épreuve.
▪  Par analogie. Ce cycliste est parvenu à remonter le peloton, à en rejoindre la tête. Marque de domaine : hippisme. Remonter son handicap, se dit d’un cheval qui parvient à compenser le désavantage qui lui avait été imposé lors du départ et, par extension et fam., d’une personne qui, dans une compétition, revient sur ses concurrents malgré son infériorité initiale.
  Titre célèbre : En remontant les Champs-Élysées, film de Sacha Guitry (1938).
2.  Prendre un cours d’eau dans le sens contraire à celui du courant, en se dirigeant vers la source. Remonter le cours d’un fleuve. Le saumon, l’esturgeon remontent les rivières pour frayer. Se dit aussi lorsque l’on progresse par voie terrestre. Vous atteindrez le sommet en remontant le torrent. Expr. fig. Remonter le courant, surmonter une série d’obstacles, d’épreuves.
▪  Par analogie. Remonter le flot de la circulation, le flot des passants. Le joueur a remonté le terrain, s’est rapproché du but adverse. Remonter une rue, la parcourir dans l’ordre inverse de celui des numéros, ou en repartant dans la direction inverse de celle qu’on suivait.
▪  Fig. Remonter la chaîne des causes. Remonter le cours du temps, des ans. La machine à remonter le temps est le rêve de cet inventeur. Spécialement. Remonter une filière, parvenir jusqu’aux chefs d’un trafic en démasquant un à un leurs intermédiaires.
3.  Faire revenir une personne, remettre une chose en un lieu d’où elle était ou avait été descendue ; placer une nouvelle fois une chose en un point plus élevé. La cage a remonté les mineurs du puits de la mine. Remonter des filets de pêche, remonter l’ancre. Remonter une malle au grenier.
▪  Par extension. Placer, disposer quelque chose plus haut qu’auparavant. Remonter un tableau accroché trop bas. Remonter un store. Expr. pop. Remonter les bretelles à quelqu’un, l’admonester. Il s’est fait remonter les bretelles.
▪  Spécialement. Remonter les poids d’une horloge et, par métonymie, remonter une horloge, enrouler de nouveau les cordes ou les chaînes auxquelles sont suspendus les poids, afin de la faire fonctionner. Par analogie. Remonter le ressort d’une montre, d’un réveil et, par métonymie, remonter une montre, un réveil. Se dit par extension d’autres dispositifs qui comportent un ressort que l’on tend. Remonter un jouet mécanique. Pron. à valeur passive. Les gramophones se remontaient à la manivelle.
▪  Expr. fig. et fam. Remonter le courage, le moral de quelqu’un, lui redonner courage, le rendre plus confiant. Remonter quelqu’un, le réconforter, lui redonner des forces. Prenez ce verre de vodka, cela vous remontera. Être remonté contre quelqu’un, fâché contre lui, hostile à son égard (on dit aussi Monté). Pop. Être remonté à bloc, empli d’ardeur, d’énergie.
4.  Accroître de nouveau l’intensité de quelque chose. Remonter le son d’un poste de radio. Remonter l’éclairage.
▪  Spécialement. Marque de domaine : peinture. Remonter une couleur, la rendre plus vive, plus soutenue en y ajoutant du pigment.
5.  Reconstituer un tout en en assemblant de nouveau les éléments ; remettre en place dans un ensemble une pièce qui en avait été retirée. Remonter un meuble, une pendule. Démonter et remonter une roue. Remonter les cordes d’un violon. Faire remonter une émeraude, un diamant. Remonter des bottes (vieilli), y mettre une empeigne et des semelles neuves.
▪  Par analogie. Remonter un film, en refaire le montage. Remonter une pièce de théâtre, un opéra, en donner une nouvelle mise en scène.
6.  Pourvoir de nouveau quelque chose ou quelqu’un de ce qui est nécessaire. Remonter sa garde-robe. Remonter une écurie, acheter de nouveaux chevaux. Remonter une exploitation agricole. Remonter un cavalier, lui fournir un nouveau cheval, un nouvel équipement. Remonter un escadron de la Garde républicaine.
▪  Pron. Se remonter en linge, en vaisselle.
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