frère

FRÈRE

nom masculin
Étymologie : ixe siècle, fradre. Issu du latin frater, de même sens.

I.

I. Personne de sexe masculin, considérée dans son lien de parenté avec celui ou celle qui est du même père et de la même mère, ou de l’un des deux seulement.
Le frère et la sœur. Il a deux frères. Frère aîné, frère cadet ou, fam., grand frère, petit frère. Frères jumeaux. Demi-frère, voir ce mot. Spécialement. Frères siamois, jumeaux qui naissent attachés l’un à l’autre par une partie du corps. Marque de domaine : droit. Frères germains, qui sont issus du même père et de la même mère. Frère consanguins, qui ont seulement même père. Frères utérins, qui ont seulement même mère.
▪ Par extension. Des frères de lait, se dit de l’enfant de la nourrice et du nourrisson qui lui a été confié. Clitus était le frère de lait d’Alexandre. Frère adoptif ou frère par adoption, se dit d’un enfant qui a été adopté par un père ou une mère ayant d’autres enfants. Néron était frère adoptif de Britannicus. Beau-frère, voir ce mot.
▪ Expr. Ils se ressemblent comme deux frères. S’aimer comme des frères. Traiter quelqu’un en frère. Je le regarde comme un frère. Vivre en frères, comme des frères, en bonne harmonie. Fig. Frères ennemis, par allusion aux fils d’Œdipe, rivaux appartenant à une même famille, à un même parti. Fam. Vieux frère, terme d’affection pour s’adresser à un ami, à un camarade. Spécialement. Grand frère, expression utilisée par les historiens soviétiques pour souligner la supériorité du peuple russe sur les peuples non russes de l’Empire. Cette expression a été étendue après 1945 aux relations avec les États communistes d’Europe de l’Est. Par extension. Péj. ou iron. S’emploie depuis le milieu du xxe siècle pour désigner un personnage politique réel ou de fiction, qui sait tout et peut tout sur une collectivité ou sur les individus.
▪ Fig. et litt. Se dit de ce qui a, avec une autre chose, une grande ressemblance, un lien étroit. Les anciens poètes disaient que le sommeil est le frère de la mort.
 Titres célèbres : La Thébaïde ou les Frères ennemis, de Jean Racine (1664) ; Les Frères Karamazov, de Fédor Dostoïevski (1879-1880).

II.

II. Par analogie.
1. Tout homme en tant qu’il appartient à la famille humaine. Nos frères humains. Tous les hommes sont frères.
2.  Marque de domaine : religion chrétienne. Dans l’Église primitive, terme dont se servaient les membres de la communauté chrétienne pour se désigner eux-mêmes, afin de marquer leur unité de vie dans le Christ. Frères en Jésus-Christ. Mes frères, mes bien chers frères, formule employée par l’officiant ou le prédicateur pour s’adresser aux fidèles.
▪ Appellation donnée par leur fondateur aux membres de certains ordres, de certaines congrégations. Les Frères mineurs, les Franciscains et les Capucins. Les Frères prêcheurs, les Dominicains. Les Frères des écoles chrétiennes ou, absolument, les frères, voir École. Il a fait ses études chez les frères. Spécialement. Dans certaines congrégations, titre que l’on donne ordinairement à tout religieux qui n’est pas prêtre. Frère Jean. Frère convers, frère lai. « Frère Jacques », titre d’une vieille chanson populaire qui se chante en canon.
3. Toute personne unie à d’autres par des liens fraternels, par un sentiment d’appartenance à une communauté. C’est un frère. Faux frère, personne qui trahit la confiance qu’on a mise en elle, qui affecte l’amitié pour préparer une trahison. Frère d’armes, se disait de chacun des chevaliers qui avaient contracté une alliance d’armes, en se promettant une mutuelle assistance, et qui se donnaient le nom de frère ; se dit aujourd’hui de ceux qui servent ou ont servi ensemble sous les armes.
▪ Spécialement. Frère maçon ou, simplement, frère, titre dont se servent entre eux les adeptes de la franc-maçonnerie, et qu’ils écrivent F∴ (d’où l’expression familière Frères trois-points, pour désigner les francs-maçons).
▪ Marque de domaine : histoire. Frères de la Côte, voir Côte. Frères musulmans, mouvement politique et religieux fondé en Égypte en 1929, dont le but est d’instaurer un État musulman et de lutter contre l’influence occidentale.
▪ En apposition. Peuples frères, appellation dont usent entre eux les peuples de l’islam. Les partis frères, désigne au xxe siècle les partis communistes. Les pays frères, expression créée en Union soviétique après 1945 pour suggérer la solidarité de type familial unissant tous les États du système communiste européen. Hors du monde communiste, cette expression a pris un sens ironique.
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