si

6e édition

[I.] SI.

↪ voir aussi : [II.] Si (n. m.)
■  Conjonction conditionnelle, qui signifie, En cas que, pourvu que, à moins que, supposé que. Je vous donnerai tant, si vous faites ce que vous m’avez promis. Si vous voulez être heureux, aimez la vertu. Je vous récompenserai, si je suis content de vous. Si vous venez me voir, vous serez bien reçu. Il viendra à bout de cette affaire, si de nouveaux obstacles ne s’y opposent. Il dit que, si vous partez, il vous suivra. Si ce n’est p. 741pas un bon livre, pourquoi le lisez-vous ? Si vous étiez plus riche. Si cet homme était venu. Si les choses en sont là, on ne peut plus y porter remède. S’il revenait et qu’il fît une réclamation, vous seriez fort embarrassé.
Cette conjonction s’emploie aussi dans plusieurs phrases où il s’agit, non d’une condition, d’une pure supposition, mais d’une chose certaine. Ainsi on dit : Si je suis gai, si je suis triste, c’est que j’en ai sujet, Je ne suis gai, je ne suis triste, que parce que j’en ai sujet. Si cet homme est pauvre, est-ce une raison pour le mépriser ? Cet homme est pauvre, sans doute ; mais, pour cela, doit-on le mépriser ? – Dans certains cas, cette conjonction ne sert qu’à marquer opposition, comme quand on dit, Si l’un est vieux et faible, l’autre est jeune et fort.
Si, devant le pronom Il, perd son i, qui est remplacé par une apostrophe ; mais il ne le perd devant aucun autre mot, par quelque voyelle que le mot commence, quand même ce serait par un i. Il viendra, s’il peut, s’il fait beau. Ils auront tort, s’ils se fâchent de cela. Si elle vient. Si à l’heure de son dîner il reçoit quelque nouvelle. Si on vous dit que… Si un homme était assez téméraire. Si Isocrate avait moins vécu. Si Irène avait tenu une autre conduite.
Il s’emploie quelquefois substantivement, comme dans ces phrases, Il a toujours un si ou un mais ; il ne donne jamais de louange qui ne soit suivie d’un si, À la fin il y a toujours quelque chose qui rabat de ce qu’il a dit, ou qui le détruit. On dit de même, Il a toujours des si, des mais.
Il s’emploie de même, populairement, pour marquer Un défaut dans la chose dont il s’agit. Voilà un bon cheval, il n’y a point de si. Quel si y trouvez-vous ?
Prov., Avec un si, on mettrait Paris dans une bouteille, Avec de certaines suppositions, on rendrait tout possible.
Si ce n’est, signifie quelquefois, Excepté. Si ce n’est eux, quels hommes eussent osé l’entreprendre ? Il vous ressemble, si ce n’est qu’il est plus petit. On dit de même, Si ce n’était la crainte de vous déplaire, je ferais telle chose, Sans la crainte de vous déplaire, etc.
Elliptiq., Il parle comme s’il était le maître, Comme il parlerait s’il était le maître. Il est plus content que si on lui donnait un trésor, Qu’il ne le serait si on lui donnait, etc.
Que si, s’emploie quelquefois pour Si, au commencement des phrases. Que si vous alléguez telle raison, je répondrai que…
Fam., Si tant est que, S’il est vrai que. Si tant est que la chose soit comme vous le dites, il faudra que…
Si, s’emploie quelquefois tout seul dans le sens de Néanmoins. Vous avez beau reculer, si faudra-t-il que vous en passiez par là. Cette façon de parler familière vieillit. On disait autrefois dans le même sens, Si est-ce que. Quoi que vous en puissiez dire, si est-ce que je ne crois pas…
Si, précédé de la conjonction Et, s’emploie quelquefois dans la conversation familière, pour dire, Cependant, avec cela, néanmoins ; et alors il ne perd jamais sa voyelle, pas même devant le pronom il. Il est brave et vaillant, et si il est doux et facile. Il est très-savant, et si il est modeste. Je souffre plus que vous, et si je ne me plains pas. Ce sens vieillit.
Si, est quelquefois particule affirmative, et s’oppose à Non. Vous dites que non, et je dis que si. Je gage que si, je gage que non. Vous ne ferez donc pas cela ? Oh ! que si. Vous n’avez pas été là ? Si. Il est familier.
Si fait. Façon de parler familière dont on se sert pour affirmer le contraire de ce qu’un autre a dit. Je crois qu’il n’a pas été là. Si fait, il y a été. Si fait vraiment.
Si ferai, si ferai-je. Autres façons d’affirmer. On dit plus ordinairement, Je le ferai.
Si, est quelquefois particule dubitative. Je ne sais si cela est vrai. Je doute si vous viendrez à bout de cette affaire. Dites-moi si vous irez là. Vous demandez si je vous aime. Pourriez-vous me dire s’il a achevé son ouvrage ? Est-ce vous qui viendrez, ou si c’est lui ?
Il signifie quelquefois, Combien. Vous savez si je vous aime.
Si, est aussi adverbe, et il signifie, Tellement, à tel point ; alors il est suivi de Que. Le vent est si grand, qu’il rompt tous les arbres. Il est si sage, si savant, qu’on le cite pour modèle. Il est si entêté, si fort entêté de cette opinion, qu’il dispute… Je ne suis pas si prévenu en sa faveur, que je ne voie bien ses défauts. Il marchait si vite, que je ne pus l’atteindre. J’étais si loin, que je ne pouvais rien entendre.
Il s’emploie aussi absolument. Je ne connus jamais un si brave homme. N’allez pas si vite. Ne courez pas si fort. Peut-on être à la fois si riche et si avare ?
Il se prend parfois dans le sens de Quelque. Si petit qu’il soit. Si habile que vous soyez, vous n’y réussirez point. Si peu qu’on le provoque, il entre en fureur.
Il est aussi comparatif, et signifie, Autant, aussi ; alors il ne s’emploie qu’avec la négation. Il n’est pas si riche que vous. Il ne se porte pas si bien. Il ne fait pas de si beaux vers. Cependant on dit quelquefois familièrement, sans négation, Si peu que vous voudrez, si peu que rien, Aussi peu que vous voudrez, très-peu.
Si bien que. loc. adv. Tellement que, de sorte que. La nuit nous surprit en chemin, si bien que nous nous égarâmes. Il est familier.
Vous pouvez cliquer sur n’importe quel mot pour naviguer dans le dictionnaire.