pleurer

PLEURER

conjugaison verbe intransitif et transitif
Étymologie : xe siècle, plorer ; xiie siècle, pleurer. Issu du latin plorare, « crier, se lamenter, gémir ».

I.

I. Verbe intransitif.
Verser des larmes sous l’effet d’une douleur physique ou morale, d’une émotion violente, etc. Pleurer amèrement. Pleurer en silence. Pleurer pour un rien. Qu’avez-vous à pleurer ? « Ne pleure pas Jeannette », premières paroles d’une vieille chanson française. Pleurer de rage, de honte. Être près de pleurer, sur le point de pleurer. Se mettre à pleurer. Spécialement. Sécréter des larmes en réaction à une gêne, à une irritation de l’œil. L’oignon, quand on le coupe, dégage une substance irritante qui fait pleurer.
▪  Loc. et expr. Pleurer à chaudes larmes, pleurer comme une fontaine, abondamment. Pleurer comme une Madeleine, par allusion à la pécheresse repentie de l’Évangile, pleurer longuement et amèrement. Pleurer comme un veau (pop.), de façon excessive et parfois ridicule. Fig. À pleurer, à en pleurer (généralement après un adjectif qualificatif), se dit de ce qui inspire une forte émotion ou, péj., un grand mépris. Cette dispute est ridicule à pleurer. Il est bête à en pleurer. Une histoire à faire pleurer dans les chaumières ou, fam., à faire pleurer Margot, une histoire très sentimentale, qui vise à émouvoir par des procédés faciles. Pleurer d’un œil et rire de l’autre, être partagé entre le chagrin et la joie. C’est Jean qui pleure et Jean qui rit (fam.), se dit d’une personne qui change rapidement d’humeur. Il n’a plus que ses yeux pour pleurer, il a tout perdu. Fam. Pleurer dans le giron de quelqu’un, pleurer auprès de quelqu’un, se plaindre à lui, chercher auprès de lui une consolation.
▪  Par extension. Pleurer sur quelqu’un, sur quelque chose, s’affliger, se désoler à son sujet ; regretter, déplorer sa perte. « Ne pleurez pas sur moi », paroles du Christ aux femmes de Jérusalem au moment de la Passion. Pleurer sur son sort. Il pleure sur les malheurs de sa patrie. Pleurer sur sa jeunesse enfuie. Pop. Pleurer après quelqu’un, quelque chose, les réclamer d’un ton geignard. Une fillette qui pleure toujours après sa mère. Il pleure toujours après l’argent.
▪  Par analogie. Marque de domaine : agriculture. La vigne pleure, se dit de la vigne après la taille, lorsque des gouttes de sève coulent des sarments.

II.

II. Verbe transitif.
1.  Répandre, verser, laisser couler. Pleurer des larmes amères, pleurer de grosses larmes. Surtout dans des expressions figurées. Pleurer toutes les larmes de son corps, en abondance. Pleurer des larmes de sang, être dans le plus profond désespoir. Pleurer des larmes de crocodile, simuler un larmoiement pour émouvoir.
2.  Déplorer un évènement douloureux, en être profondément attristé. Pleurer la perte de ses amis. Pleurer la mort d’un proche. Par métonymie. Pleurer quelqu’un, s’affliger de sa mort. Il a été pleuré de tous. Expr. fig. On ne l’a pleuré que d’un œil, il n’a été regretté qu’en apparence et pour la forme.
▪  Litt. Regretter ce que l’on n’a plus. Pleurer ses jeunes années. Pleurer un amour perdu.
▪  Dans le langage de la piété. Pleurer ses péchés, ses fautes, en concevoir un grand remords.
3.  Fig. et fam. Se plaindre sans cesse de quelque chose. Ne s’emploie guère que dans les locutions Pleurer famine, pleurer misère, se plaindre vivement de sa situation matérielle et, par extension, se lamenter sur son sort pour éveiller la pitié. Subst., en composition. Pop. Cet homme est un véritable pleure-misère.
▪  Employer ou donner à regret, avec parcimonie. Pleurer sa peine. Ne pleurer ni son temps, ni son argent. Expr. Il pleure le pain qu’il mange, se dit d’un avare qui lésine même sur sa nourriture.
Vous pouvez cliquer sur n’importe quel mot pour naviguer dans le dictionnaire.