Courrier des internautes
Courrier des internautes
(10/2026)
Question :

Je suis une étudiante de français en Allemagne ; j’ai trouvé dans L’Évolution des formes grammaticales, d’Antoine Meillet, un exemple que je ne comprends pas : Je suis celui qui suis. Il ne peut s’agir du verbe suivre (on aurait suit) et avec le verbe être on aurait Je suis celui qui est.

Cordula K. (Würzburg)
L’Académie répond :

Dans la phrase Je suis celui qui suis, la forme suis est bien dans les deux cas la première personne du verbe être. Cette tournure, qui peut sembler incorrecte, est utilisée par certains traducteurs de la Bible pour rendre la particularité de l’hébreu Ehyeh acher ehyeh, (Exode 3, 14), les paroles par lesquelles Dieu se révèle à Moïse et se nomme par le tétragramme YHWH.

Dans sa traduction de la Bible, qui fit longtemps autorité, Louis-Isaac Lemaistre de Sacy avait choisi la forme : Je suis celui qui est. La traduction Je serai qui je serai a la préférence des exégètes actuels. La version Je suis celui qui suis a donné lieu à de très longs débats linguistiques, théologiques et métaphysiques.

■ Voir dans le dictionnaire : Être (I)
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